Débriefing – Préparatifs pour une crise spirituelle

Qu’allons-nous apprendre sur les moyens de nous préparer pour des crises futures – notamment les plus dangereuses – celles qui sont spirituelles ?

En 2001, mon épouse et moi avons eu l’occasion de participer à un programme de formation de l’Équipe Communautaire d’Intervention d’Urgence (CERT) de notre région. Ce programme a pour objet de former des citoyens bénévoles pour qu’ils puissent assister efficacement les premiers intervenants lors d’une urgence impliquant toute la communauté.

On inculque aux volontaires des compétences en premiers soins avancés, en recherche de routine et en techniques de sauvetage, en extinction d’incendies, en installation de postes de premiers soins, dans le triage des victimes permettant d’identifier et de transporter les personnes ayant besoin de soins urgents, en logistique et maintes autres compétences auxquelles on ne pense généralement pas. Former des bénévoles capables de s’occuper de ces responsabilités de base libère les premiers intervenants qui peuvent ainsi appliquer leurs compétences supérieures là où l’on a le plus besoin d’eux.

Une simulation de catastrophe

Alors que notre formation – qui a duré plusieurs semaines – tirait à sa fin, nous avons dû participer à une simulation de catastrophe soigneusement orchestrée, suivie d’un débriefing avec les premiers intervenants.

Pendant les cours en salle, qui comprenaient souvent des exercices pratiques, nous pensions être bien préparés pour affronter n’importe quelle urgence. Or, rien ne vaut une simulation de catastrophe ; il nous a fallu analyser la situation et prendre des décisions sur le tas, sans qu’on nous dise quoi faire.

Le débriefing avec les professionnels était l’un des segments les plus édifiants et les plus révélateurs de tout le programme. Bien qu’ils aient fait de leur mieux pour être encourageants, il était clair que bon nombre d’entre nous avions commis des erreurs qui auraient pu coûter des vies – les nôtres et celles d’autres personnes.

La prise de conscience humiliante de notre échec à voir et à bien évaluer les dangers cachés nous a appris des choses que des présentations en salle de classe n’auraient jamais pu nous enseigner.

Les dividendes d’un débriefing

S’il est facile d’être critique des erreurs que commettent les gens en temps de crise, prendre le temps d’examiner les erreurs et de trouver un moyen d’améliorer la situation est nettement plus constructif, et c’est en ce sens qu’un débriefing peut s’avérer utile.

Un débriefing fournit une occasion, à ceux ou à celles qui ont partagé une expérience ou un projet, de se corriger, de partager les leçons apprises, de discuter de ce qui a bien fonctionné et d’étudier diverses possibilités afin de s’améliorer. Même quand tout a bien été, il y a souvent moyen de s’améliorer et de devenir plus efficace.

Si cela n’est pas toujours aussi efficace qu’un débriefing en groupe, il est souvent utile de nous poser bon nombre des mêmes questions afin de reconnaître et d’éviter les dangers imprévus que la vie peut nous apporter.

La réaction à la crise du coronavirus

La prolifération rapide de la pandémie du COVID-19 a provoqué des situations que bien des gens auraient trouvées impensables quelques semaines plus tôt. Bien que des avertissements aient été lancés à propos de ce type de crise, rares sont ceux ayant des postes élevés qui étaient conscients de ses implications.

Hélas, une grande partie de ceux qui auraient dû agir en responsables ont rarement trouvé mieux que de lancer des accusations contre leurs adversaires politiques, comme si leur parti détenait les solutions. D’autres ont trouvé quelqu’un à blâmer, comme si cela allait résoudre le problème. L’ignorance, l’arrogance et l’hypocrisie ne font rien pour résoudre les problèmes et échafauder des stratégies efficaces pour l’avenir.

Sommes-nous mieux préparés pour la prochaine crise ?

Reste à savoir si le monde sera préparé pour la prochaine crise imprévue, quelle que soit sa forme. Et nous savons pertinemment que ce qui compte, ce n’est pas de savoir si une crise va avoir lieu, mais dans quel délai elle aura lieu.

Quelles leçons avons-nous apprises ? Vont-elles nous permettre de réagir plus efficacement quand des dangers invisibles et imprévus se dresseront subitement devant nous ? Au lieu de critiquer ce que d’autres ont fait ou non, avons-nous effectué une évaluation honnête de nous-mêmes – notre propre débriefing – afin de savoir ce que nous aurions pu mieux faire ?

Et qu’allons-nous faire si le danger invisible suivant se présentant à nous n’est pas un danger physique ? Ressortirons-nous de cette expérience, forts de leçons apprises, utiles dans d’autres domaines de notre vie, ou allons-nous simplement être plus capables de nous en laver les mains ?

En prévision de crises spirituelles

Savoir que faire avant que le danger n’apparaisse est toujours la meilleure approche, et les stages de formation comme celui que mon épouse et moi avons suivi font un travail digne d’éloges, préparant des individus et des communautés à affronter des dangers physiques. Néanmoins, les fidèles lecteurs de Discerner savent que ce n’est pas sur ce genre de préparatifs que nous mettons l’accent, même s’ils sont utiles. Nous nous efforçons de discerner les aspects spirituels de la vie – ce qui nous aide à vivre d’une manière qui permet à Dieu de nous bénir, ou à un mode de vie qui nous attire, à nous et aux êtres qui nous sont chers, des malédictions imprévues.

La pandémie du COVID-19 prouve que l’inaptitude à rapidement et clairement identifier les dangers présents peut provoquer des résultats désastreux. De même qu’un minuscule virus, pratiquement invisible, a soudain perturbé notre vie de façon imprévue, des défis spirituels énormes risquent d’engendrer des résultats catastrophiques.

Comment éviter le danger

L’importance du dépistage d’un danger avant qu’il ne frappe se situe au cœur même d’un conseil vieux de 3 000 ans : « L’homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples avancent et sont punis » (Proverbes 22:3). La Nouvelle Bible Segond traduit ce passage ainsi : « L’homme avisé voit le malheur, et il se cache ; les naïfs passent outre, et ils doivent en payer le prix ».

Des ennemis invisibles

De par leur nature, les problèmes spirituels sont invisibles. Comment peut-on « voir le malheur » quand il est invisible ? C’est impossible, quand tout ce dont on dispose est ses capacités humaines. Néanmoins, ce que nous ne pouvons voir n’est pas invisible pour Dieu, et Il offre Son aide à ceux qui sont disposés à la Lui demander. En fait, les directives les plus pertinentes sur les dangers invisibles se trouvent dans la Bible depuis 2 000 ans, mais la plupart des gens ne les ont pas remarquées. Pourquoi ?

Erreurs et obstacles

Nous pouvons répondre à cette question en considérant deux faux raisonnements  fréquents chez les êtres humains : Nous pensons en savoir plus que ce que nous savons en réalité et nous ne pensons pas que Dieu ait réponse à tout. Du fait de ces deux conceptions erronées, on s’égare souvent, passant d’un désastre à un autre, étant pris de court par des dangers imprévus que l’on aurait pourtant pu voir venir.

Un article comme celui-ci ne pouvant qu’effleurer ce qu’il faut savoir sur les crises qui s’annoncent, tenir compte de ces deux attitudes peut nous aider à nous préparer pour ce qui s’en vient. Dans l’enseignement, on a une maxime : « Le plus grand obstacle à la connaissance est la croyance que nous savons déjà tout ce qu’il faut savoir ».

L’une des leçons clés que nous avons apprises lors de cette simulation de catastrophe, c’est que ceux qui sont disposés à admettre humblement leurs erreurs apprennent beaucoup plus que ceux qui se trouvent des excuses ou blâment les autres. Quand quelqu’un d’autre commet une erreur, cela n’élimine pas ma responsabilité dans les erreurs que je commets, et plus je m’empresse de reconnaître et d’admettre mes échecs, plus le délai à trouver un moyen efficace de les rectifier sera court.

Le danger de l’orgueil

La Bible nous avertit du danger à surestimer nos capacités. Il est question, dans de nombreux passages, de l’orgueil ou de l’attitude qui empêche les gens de voir le danger et de se « cacher ». L’un des hommes les plus sages de l’histoire – le roi Salomon – disait : « Si tu vois un homme qui se croit sage, il y a plus à espérer d’un insensé que de lui » (Proverbes 26:12).

Tant qu’une personne n’est pas disposée à reconnaitre humblement qu’elle a besoin d’augmenter son savoir, elle se prive de la connaissance la plus importante qu’elle puisse acquérir. Toutefois, la Bible n’est pas un livre négatif ; elle offre de l’aide et de l’espoir à ceux qui sont disposés à apprendre.

On ignore Dieu

En préparant cet article, j’ai recherché sur Internet des citations utiles sur l’importance de l’éducation. Il y a de nombreux sites utiles ; l’un d’eux avait plus de 800 citations sur ce sujet. Hélas, pas une seule tirée de la Bible !

Cette dernière contient plus de 400 passages sur l’enseignement et l’apprentissage, mais l’on n’a pas trouvé bon d’en inclure une seule dans la liste des citations utiles. Pourquoi est-on souvent si disposé à connaître les idées humaines, mais pas du tout disposé à apprendre quelque chose de l’Éducateur Suprême ?

S’adressant à ceux qui se trouvaient au centre éducatif du puissant Empire romain, l’apôtre Paul décrivit cette société en ces termes : « Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes » (Romains 1:28). Y aurait-il une meilleure description de notre société moderne ?

Ignorer Dieu est un choix fait par plusieurs, et les conséquences de ce choix sont plus qu’évidentes dans les vies vaines et vides de sens ainsi que dans les relations brisées jonchant l’histoire de l’homme. Il n’est pas nécessaire que ce soit notre choix.

Le débriefing de votre vie

Si vous vous tourniez humblement dès à présent  vers la parole inspirée de Dieu pour dresser le bilan de votre vie, qu’apprendriez-vous ? Qu’est-ce qui fonctionne bien et donne les résultats escomptés ? Qu’est-ce qui cause des problèmes et rend votre vie plus difficile ? Qu’est-ce qui prend tout votre temps et ne produit rien de durable ? Et surtout, que faites-vous pour que cela change ?

Avant que ne surgisse la prochaine crise inattendue, prenez le temps de consulter le manuel du Créateur et de l’utiliser. Non pas l’opinion de quelqu’un – y compris la vôtre – mais la Bible, et effectuez le débriefing de votre vie, vous préparant pour les jours à venir