Comment vaincre la peur

Le monde a souvent de quoi nous effrayer. Et il est facile de ne plus pouvoir maîtriser nos inquiétudes. Voici comment vaincre la peur et demeurer positifs, selon la Bible.

Avez-vous peur de l’avenir ? Avez-vous le sentiment que l’on ne maitrise plus rien ? Craignez-vous que les changements dans la société et l’environnement ne risquent d’affecter négativement votre avenir et celui des êtres qui vous sont chers ? Dans l’affirmative, vous n’êtes pas seul. Diverses enquêtes révèlent qu’un nombre croissant de gens ont de plus en plus peur.

Au niveau de la sécurité

L’indice de sécurité d’Unisys documente depuis 14 ans ce qui inquiète les gens en matière de sécurité, notamment dans les sphères commerciales et financières. Le rapport exécutif pour l’année 2020 débute ainsi : « Dans l’ensemble, le monde ne cesse d’être sur les nerfs ; les inquiétudes liées à la sécurité globale sont à leur niveau le plus élevé depuis que le premier index de l’Unisys a été publié, en 2007. »

Ayant interrogé 15 699 personnes de tous milieux, dans 15 pays différents de par le monde – y compris la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Philippines, Singapour, le Brésil, le Chili et la Colombie, Unisys a constaté que 99% des personnes interrogées sont inquiètes à propos d’au moins un aspect de leur sécurité.

  • 58% des gens craignent pour leur propre sécurité.
  • 62% des gens craignent sérieusement d’être victimes de catastrophes naturelles et d’épidémies. Cela représente une augmentation de 8% par rapport à 2019, due en partie à la pandémie de COVID-19.
  • 67% des personnes interrogées ont déclaré s’inquiéter fortement de la santé de leur famille.
  • 66% des gens s’inquiètent de l’instabilité économique de leur pays.

Partout dans le monde, les gens ont de plus en plus peur.

La peur, en Amérique

Chapman University effectue, depuis 2014, une enquête sur les craintes des Américains. D’après les données fournies pour 2019, voici, en pourcentages, les 10 choses que les Américains craignent le plus :

  • les responsables gouvernementaux corrompus   77,2%
  • la pollution des océans, des rivières et des lacs 68%
  • que les gens qu’ils aiment soient malades          66,7%
  • la pollution de l’eau potable                               64,6%
  • la mort des gens qu’ils aiment                            62,9%
  • la pollution atmosphérique                                 59,5%
  • le terrorisme cybernétique                                  59,2%
  • l’extinction d’espèces animales et végétales       59,1%
  • le réchauffement de la planète et les bouleversements climatiques                      57,1%
  • de ne pas avoir assez d’argent pour l’avenir        55,7%

Une grande partie de ces données se trouve dans un ouvrage récent intitulé Fear Itself : The Causes and Consequences of Fear in America. Les enquêteurs ont découvert que « la peur est une épée à double tranchant ; elle peut nous protéger et nous pousser à prendre des mesures contre des évènements futurs qui risquent d’être néfastes… mais dans bien trop de cas, nos craintes sont non fondées, futiles et – psychologiquement, socialement et politiquement – néfastes » (p. 133 ; c’est nous qui traduisons tout du long).

Par conséquent, bien que certaines craintes engendrent une prudence justifiée et la prise de précautions raisonnables, d’autres craintes non maitrisées et irréalistes peuvent nous déstabiliser et nuire à notre bien-être.

Il est à noter que – d’après diverses recherches – certains segments de la société sont davantage sujets à la peur que d’autres. Dans l’ensemble, les femmes ont plus tendance à s’inquiéter que les hommes. Les personnes dont la situation est précaire – qui ont moins d’économies, qui sont moins instruites ou qui ont moins de possibilités professionnelles – ont plus peur. Les groupes minoritaires ont plus tendance à s’inquiéter. Et dans ces divers segments de la société, certaines personnes s’inquiètent plus que les autres. Néanmoins, si nous sommes conscients de ces facteurs, nous pouvons apprendre à bien moins nous en faire.

La télévision de la peur

L’une des causes de l’inquiétude croissante des gens est ce que les auteurs de Fear Itself appellent « la télévision de la peur ». « Les chercheurs ont noté des liens majeurs entre la consommation de médias (surtout la télévision) et la peur, surtout à propos de la peur liée au crime et au terrorisme […] Nos analyses ont également révélé un lien très réel entre la consommation de médias et la peur » (p.22).

Pour illustrer cette constatation, les enquêteurs ont comparé les adeptes de Fox News – une chaine conservatrice – à ceux de MSNBC, une chaîne libérale. Les téléspectateurs de ces deux chaines exhibaient des niveaux élevés d’inquiétude, par rapport à ceux qui ne les regardent qu’occasionnellement.

Ce qui est intéressant, c’est que bien qu’il y ait un certain recoupement dans le type de craintes que les téléspectateurs de ces deux chaines avaient, les dangers qu’ils percevaient étaient très différents. Ladite enquête a démontré que « chaque chaine exacerbe des types différents de peurs » (p. 23).

Les organes d’informations de la droite comme de la gauche n’essaient pas de « convertir » ceux de l’autre bord ; ils essaient simplement de les inciter à les consulter, car cela se traduit par des dollars gagnés en publicité. La peur est un aimant puissant, judicieusement exploité pour motiver les gens. Nos craintes sont monétisées. Pour vaincre la peur, il importe d’être conscient de l’impact de la télévision de la peur et d’en limiter notre exposition.

Gnosticisme et théories conspirationnistes

Ce que les recherches de Chapman University ont aussi révélé, c’est que des niveaux élevés de peurs sont liés à une conviction accrue aux théories conspirationnistes. Plus on a peur, plus on est enclin à croire à ces « théories de complots ».

L’un des défis que l’Église chrétienne du premier siècle dut affronter fut une croyance connue sous le nom de gnosticisme. Le mot grec gnostis correspond à notre mot « connaissance ». Le gnosticisme est la croyance que certaines personnes possèdent une sagesse secrète à laquelle il faut être initié pour avoir toute la vérité. L’apôtre Paul combattit les formes initiales de cette hérésie dans Colossiens 1 et 2, et l’apôtre Jean fit de même dans sa Première Épître.

La Bible enseigne bien que Dieu a caché dans ses écrits une certaine sagesse que tous ne peuvent pas encore posséder. Bien des gens sont incapables de comprendre le dessein qu’Il  accomplit (2 Corinthiens 4:4). Néanmoins, la connaissance secrète que les gnostiques prétendent posséder ne provient pas de la Bible. Leur obsession avec cette supposée sagesse occulte les a détournés de la Parole de Dieu, les poussant à tordre ce que la Bible déclare. De nos jours, le gnosticisme peut être comparé aux théories conspirationnistes qui circulent – selon lesquelles les gouvernements ou les organisations internationales cachent la vérité, mais qu’une minorité d’initiés en ont percé les mystères.

D’après plusieurs sondages – y compris celui de Chapman University – plus de 60% des Américains croient que le gouvernement leur cache certaines informations sur l’assassinat de John F. Kennedy. D’autres théories de complots circulent. En pourcentages, les gens croient que le gouvernement leur cache certaines informations sur…

  • Les attaques du 11 septembre (53%)
  • Les extraterrestres (50%)
  • L’ordre mondial secret d’Illuminati/ Bilderberg (43%)
  • Les fusillades de masse (43%)

Une statistique choquante de théorie conspirationniste est que 32% des Américains croient que le gouvernement ne leur dit pas la vérité sur la catastrophe aérienne du Dakota du Sud. Pourquoi est-elle choquante ? Parce que les enquêteurs l’ont inventée et l’ont ajoutée à la liste pour voir combien de personnes croyaient à un complot à ce sujet.

Cela prouve que les gens peuvent atteindre un tel niveau de peur, et s’inquiéter à tel point, qu’ils prétendent croire à un complot dont ils n’ont jamais entendu parler. Cela prouve à quel point la peur peut tordre le raisonnement humain.

Pour vaincre la peur, il importe de se méfier des idées fascinantes non prouvées, et de se concentrer sur les vérités objectives dont la véracité a été prouvée. Il est utile de se méfier des théories conspirationnistes.

Plusieurs clés pour vaincre la peur

Le rapport de Chapman University offre plusieurs autres suggestions pour maitriser la peur afin de vivre sans s’inquiéter :

Passez moins de temps devant le petit écran et sur vos portables. Beaucoup de producteurs de médias veulent que les gens aient peur, afin de les maintenir de leur bord. Ils monétisent la peur. Il est préférable de s’informer, de ce qui se passe, par les médias lents (ce qui est imprimé) plutôt que par les médias rapides qui misent davantage sur les émotions comme la peur.

Méfiez-vous des prétentions que tous ceux qui appartiennent à une certaine catégorie sont mauvais et à craindre.

Affrontez vos peurs. Renseignez-vous. Ne vous contentez pas de réagir sous l’impulsion du moment.

N’oubliez pas que les médias rapportent disproportionnellement les actes les plus violents, les plus inhabituels et les plus étranges des êtres humains, ignorant habituellement ce qu’ils font de bien, de bienveillant et couramment.

Ne laissez pas la peur saper votre confiance envers autrui. Le désengagement et l’isolement accentuent la peur. Être sociable fait le contraire. Faites la connaissance des voisins, sortez de votre coquille et ayez des contacts.

N’oubliez pas que maitriser nos craintes revient à prendre en main nos pensées qui – issues de  nos impulsions pourtant bien intentionnées – nous poussent toujours à nous écarter de toute menace.

Comment, selon la Bible, vaincre la peur ?

Le manuel de notre Créateur pour bien vivre nous fournit des clés importantes pour vaincre la peur et vivre positivement. Ces clés ont affaire avec notre relation personnelle avec Dieu. Il est écrit, par exemple : « Je me confie en Dieu, je ne crains rien : Que peuvent me faire des hommes ? » (Psaume 56:11).

La première chose à faire, pour bien vivre, est de cultiver une relation avec Dieu afin de bien comprendre qu’il nous protégera et prendra soin de nous. Beaucoup de passages bibliques montrent que Dieu protège ceux qui lui sont fidèles (lire « 22 versets encourageants sur la protection divine »).

Au début du Psaume cité ci-dessus, il est écrit : « Hymne de David. Lorsque les Philistins le saisirent à Gath » (verset 1). David avait été capturé par les philistins, des ennemis d’Israël. Il courait le danger d’être sommairement exécuté. Or, il s’appuya sur Dieu, le pria de l’aider, et Dieu fit en sorte qu’il s’échappe. Bien que les hommes puissent être cruels et effrayants comme les philistins, David savait qu’aucun être humain ne fait le poids devant Dieu. Il écrit ailleurs : « Le malheur atteint souvent le juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours » (Psaume 34:19 ; c’est nous qui soulignons tout du long).

La liste établie par Chapman University comprend 88 types différents de craintes qu’ont les gens, pratiquement toutes – depuis celle qu’ils ont d’avoir des responsables gouvernementaux corrompus à celle d’une autre guerre mondiale – en passant par la peur des araignées et celle des zombies (9,3%). Peu importe ce qu’elles sont, et peu importe nos afflictions, Dieu a promis d’en délivrer ses serviteurs. Cette promesse nous permet de ne pas nous inquiéter.

Pas un esprit de timidité

Comme l’a précisé l’apôtre Paul, s’adressant à Timothée, « Je te rappelle de rallumer le don de Dieu qui t’a été communiqué par l’imposition de mes mains. Car Dieu ne nous a point donné un esprit de timidité, mais de force, de charité et de prudence » (2 Timothée 1:6-7 ; version Ostervald).

La peur nous empêche d’avoir un esprit de prudence ou « de sagesse » (Nouvelle Édition de Genève) ou « de pondération » (Nouvelle Bible Segond). Quand la peur va plus loin que l’utile, nous permettant d’éviter raisonnablement le danger, elle tord notre raisonnement. Raisonner avec pondération nous permet d’être équilibrés dans nos actions.

Le Saint-Esprit, la puissance même de Dieu, s’oppose à toute peur non fondée. L’Esprit Saint l’expulse et la remplace par de la force spirituelle, de l’amour pour les autres et un raisonnement exact et clair. Notre Père céleste ne craint rien. Grâce à sa puissance, nous pouvons maitriser nos craintes et vivre sans nous inquiéter.

La Bible nous montre comment recevoir le don divin du Saint-Esprit, avoir une force spirituelle. Afin d’en savoir plus à ce sujet, lire nos articles « La conversion c’est quoi ? » et « Comment savoir si le Saint-Esprit est en vous ? »

La crainte n’est pas dans l’amour

L’apôtre Jean explique aussi comment vaincre nos craintes : « L’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour » (1 Jean 4:17-18).

La peur s’oppose à l’amour. Ce passage parle surtout de la crainte qu’on a de la justice et du jugement divins. Quand nous comprenons l’intensité et la puissance de l’amour de Dieu, nous ne craignons pas sa justice. Mais c’est également vrai pour le restant. Si nous sommes convaincus de l’amour, de la justice et de la miséricorde de Dieu, nous ne nous inquiétons pas, même si la société autour de nous est de plus en plus violente et chaotique.

Il est difficile d’aimer certains êtres humains, comme les terroristes, les meurtriers, ceux qui exploitent leurs semblables, et parfois même certains membres de notre famille. Comment Dieu fait-il pour aimer tout le monde, comme il le dit dans Jean 3:16 ? Il voit loin. Il ne voit pas le monde tel qu’il est à présent ; il songe à leur potentialité à changer, à s’améliorer à l’avenir : « Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive ? » (Ézéchiel 18:23).

Le « présent siècle mauvais » (Galates 1:4) a de quoi faire peur, mais il n’est que temporaire. Il sera bientôt remplacé par « de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera » (2 Pierre 3:13). Il importe de voir les autres comme Dieu les voit, étant conscients du fait qu’ils pourront changer quand ils auront l’occasion de vraiment le connaître. Une prophétie, dans Jérémie, parle de cette époque future :

« Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31:34). Au lieu de voir les gens comme des sources de dangers, nous pouvons voir en eux de futurs enfants de Dieu.

Un monde où toute peur est exclue

Une dernière clé, pour vivre sans crainte, consiste à comprendre que la peur est temporaire et disparaitra totalement. La Bible promet qu’à l’avenir, le monde entier sera libéré de toute crainte.

« Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier, et il n’y aura personne pour les troubler ; car la bouche de l’Éternel des armées a parlé » (Michée 4:4).