Dieu est-Il une Trinité?

La Bible enseigne-t-elle que Dieu Se compose de trois Personnes? La Trinité était-elle un enseignement-clé de l’Église primitive ? Les faits indiquent que la réponse à ces deux questions est non !

L’Église Catholique romaine part du principe que la Trinité est une doctrine-clé de la religion chrétienne. La plupart des Églises protestantes enseignent la même chose. Mais examinons les faits relatifs à cette doctrine vénérée. Dans la chrétienté, pour bien des croyants, une Église ne peut pas être prise au sérieux tant qu’elle n’enseigne pas la croyance en une Trinité. Or, qu’indiquent l’histoire, et la Bible ? Les Églises fournissent-elles des explications aptes à  passer le test des Saintes Écritures ?

L’Église Catholique a institué cette doctrine, et au fil du temps, cette dernière s’est frayé un chemin dans les Églises protestantes. Son élaboration s’est effectuée sur plusieurs siècles. Une longue métamorphose de termes et d’explications s’est produite, et l’Église romaine a fini par concevoir une définition qui a fini par être acceptée un peu partout et qui n’a guère changé depuis environ 400.

Quelle est cette définition, acceptée pratiquement partout ?

La définition de la Trinité

Dans « My Catholic Faith » [Ma foi catholique], un livre de Louis LaRavoire Morrow écrit en langage simple, on peut lire qu’il n’y a qu’un seul Dieu (édition de 1963). L’auteur précise : « En Dieu, il y a trois Personnes divines – le Père, le Fils, et le Saint-Esprit […] Quand nous parlons de “Personnes” en parlant de Dieu, nous n’employons pas ce terme exactement comme nous le ferions si nous parlions d’individus. Nous l’employons uniquement parce qu’il n’existe pas de mot pouvant mieux décrire ce que nous voulons dire » (p. 30).

À la page suivante, Morrow déclare : « Les trois Personnes divines sont en fait distinctes l’une des autres », et une page plus loin, il écrit : « Les trois Personnes divines sont parfaitement égales entre Elles car Elles représentent toutes le même Dieu unique ».

Comment peut-on concevoir trois personnes formant un seul être ayant une nature unique ? C’est impossible. On peut lire plus loin, dans ledit ouvrage, que « nous ne pouvons pas pleinement comprendre comment ces trois Personnes divines, bien que distinctes l’une des autres, représentent le même Dieu unique, car c’est là un mystère surnaturel » (p. 33 ; c’est nous qui traduisons tout du long). Plus loin sur la même page, on peut lire : « La doctrine de la Sainte Trinité est un mystère pur et simple ; autrement dit, nous ne pouvons pas le concevoir par raisonnement, pleinement le comprendre, même une fois qu’il nous a été révélé ».

Que déclare la Bible?

Dans l’Église de Dieu, Association Mondiale, nous croyons que toutes les doctrines doivent être conformes à la Bible – que nous devons éprouver toutes choses (1 Thessaloniciens 5:21). Et que tout doit être prouvé par la Bible. Nous ne devrions pas nous contenter de croire ce qu’on nous dit.

La Bible n’approuve pas la doctrine de la Trinité, qui émane des hommes et qui porte l’empreinte de philosophes comme Platon. Athanase – qui rédigea le crédo accepté par l’Église Catholique en 325, au concile de Nicée – était influencé par les enseignements de Platon, comme le furent d’autres qui travaillèrent à l’élaboration de cette doctrine.

Bien que nous n’allions pas jusqu’à prétendre que cette dernière puise directement son origine de philosophes païens ou de trinités païennes, il est à noter que plusieurs types de trinités existaient plusieurs centaines d’années avant la fondation de l’Église – comme par exemple celle de Brahma, Shiva et Vishnu, puis celle d’Osiris, d’Isis et d’Horus.

On notera la citation suivante, tirée de l’ouvrage de Christopher Stead Substance and Illusion in the Christian Fathers [Substance et illusion chez les pères chrétiens] : « Le problème des origines de la Trinité est plutôt celui des origines gnostiques. Dans les deux cas, on observe un modèle de pensée apparaissant pratiquement à la même époque que le Christ, mais qui a des affinités étroites avec la pensée préchrétienne ou non-chrétienne ; ce qu’on peut tirer des documents du 1er siècle est maigre et énigmatique, de sorte que nous avons du mal à affirmer avec certitude que ladite doctrine est exclusivement ou essentiellement un produit d’inspiration chrétienne ».

L’histoire et le développement de la doctrine de la Trinité

La doctrine de la Trinité n’est pas biblique. D’où provient-elle ? Revoyons rapidement plusieurs des étapes majeures dans la formulation de cette doctrine acceptée par les Catholiques et la plupart des Protestants.

  • En 180 de notre ère, Théophile d’Antioche est la première personne à avoir rédigé quelque chose à propos de cette « doctrine importante ». Bien qu’il se soit servi de cette expression, la trinité dont il voulait parler était, selon lui, « issue de Dieu, de Sa Parole, et de Sa sagesse ». C’était là, pour le moins qu’on puisse dire, une introduction de cette expression, mais cela était loin d’égaler ce qu’on allait ensuite enseigner à propos du trinitarisme classique. Même 150 ans après Christ, il n’existe pas la moindre preuve que cette doctrine ait jamais été formulée. Comment cette doctrine aurait-elle pu être une doctrine fondamentale ? Faire partie de « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 1:3). Aucunement !
  • Au début du 3e siècle, Tertullien fut le premier à se servir de l’expression « Trois Personnes, une seule Essence ». Le terme « Personnes » étant synonyme de trois « visages » ou « masques ».
  • Le concile de Nicée eut lieu en 325, à la demande de l’empereur romain Constantin. Ce concile fut le théâtre de nombreux désaccords. Arien avança l’hérésie non biblique que Jésus-Christ était un être créé et n’était pas égal au Père. Beaucoup se rangèrent à cette idée, mais l’idée qui prévalut fut celle présentée par Athanase – un diacre égyptien d’Alexandrie. Son optique représente le fondement de l’enseignement catholique et protestant actuel. On le décrit souvent comme le crédo d’Athanase.
  • Ver la fin du 4e siècle, cette doctrine subit de légères modifications, essentiellement destinées à contrer l’enseignement d’Arien. Cette explication de base a été transmise au fil des siècles. De légères variations existent dans l’enseignement de l’Église Orthodoxe, mais cette dernière maintient aussi la doctrine d’un Dieu en Trois Personnes.

On peut lire, dans la New Catholic Encyclopedia de 1967, que « la formulation d’“un Dieu en Trois Personnes” n’avait pas solidement été établie – et n’avait pas été introduite dans la vie chrétienne et dans sa profession de foi – avant la fin du 4e siècle. Néanmoins, c’est cette formulation qui passe avant tout pour le titre du dogme trinitaire. Parmi les pères apostoliques, il n’y avait jamais rien eu qui approche, et de loin, une telle mentalité ou perspective » (C’est nous qui soulignons).

Personnification et traduction

La Trinité n’est pas une doctrine biblique. Que dire de l’apparente personnification du Saint-Esprit dans les chapitres 14, 15 et 16 de l’Évangile de Jean où il est question, par exemple, à propos de lui, de il et de lui-même ?

Les règles de la grammaire grecque exigent que tout pronom s’accorde en genre avec le nom qu’il remplace. Il s’agit dans ces chapitres du consolateur (en grec : parakletos) – mot qui est masculin. Comme en français, cela ne veut pas dire que tout nom masculin décrive une personne.

Il arrive aussi que certaines choses, dans la Bible, soient personnifiées, comme la sagesse, dans Proverbe 8. Cela ne veut pas dire que la sagesse soit réellement une personne. Dans la langue grecque, comme en français ou en espagnol, chaque chose a un genre – masculin ou féminin – et n’est pas une personne.

Les traducteurs, qui croyaient généralement à la Trinité, ont également, souvent, affublé un pronom masculin à l’esprit (en grec pneuma) bien que l’original décrive quelque chose comme un souffle ou du vent, alors qu’en grec, ce mot est neutre. Quand, dans des passages comme Romains 8:16, il est écrit dans la plupart de nos versions françaises que « l’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit », le mot esprit est neutre et ne décrit pas une personne mais une chose. Ce mot Esprit ne devrait pas porter un E majuscule. Le mot consolateur dans Jean 14, 15 et 16 ne devrait pas non plus s’écrire avec un C majuscule ; dans l’original, grec, il s’agit de quelque chose, et non d’une personne ou d’un individu.

De surcroît…

Les passages suivants sont, sur ce point, révélateurs :

  • 1 Jean 5:7 : Dans certaines versions françaises de la Bible,  on peut lire, par exemple, « il y en a trois dans le Ciel qui rendent témoignage, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là ne sont qu’un », ou quelque chose de ce genre. Ce passage est reconnu pour être fallacieux, même par les érudits catholiques. « Ces mots n’apparaissent pas dans le moindre manuscrit grec, dans la moindre version ou citation datant d’avant le 15e siècle » (Tyndale New Testament Commentary). Ils apparaissent dans un texte latin obscur du 4e siècle. Or, on se sert parfois de ce texte pour essayer de prouver que le Saint-Esprit est une personne.
  • Dans Matthieu 1:20, il est écrit que Christ a été conçu du Saint-Esprit. Il est permis de se demander pourquoi le Saint-Esprit n’est pas appelé Son Père !
  • Dans Actes 2:17-18, l’apôtre Pierre cite le prophète Joël qui a annoncé que le Saint-Esprit sera « répandu » dans les derniers jours. Répand-on une personne ?
  • 1 Thessaloniciens 5:19. Il est écrit : « N’éteignez pas l’Esprit ». Peut-on « éteindre » une personne ?
  • Jean 7:37-39 : Christ nous dit dans ce passage, parlant de « l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui », d’en «  boire ». Cela ne décrit guère une personne.
  • 2 Timothée 1:6 : Paul, faisant allusion au Saint-Esprit, dit au jeune Timothée : « Je t’exhorte à ranimer la flamme du don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains ». Le Saint-Esprit – un don de Dieu – peut-il être « ranimé » ?
  • Le Saint-Esprit n’est jamais mentionné dans toutes les salutations de Paul dans ses épîtres. Paul se contente d’écrire quelque chose comme : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! » (Romains 1:7). Si le Saint-Esprit était la troisième Personne, à part entière, de la Divinité, l’oublier ne serait-il pas un affront ?
  • 1 Jean 1:3 décrit « notre communion […] avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ». Et que dire du Saint-Esprit ?
  • Matthieu 11:27 : « Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler ». Comment une troisième personne, égale aux Autres, dans la divinité, pourrait-elle être laissée de côté, ignorée ? Il est clair que le Saint-Esprit n’est pas une personne. Lire également Luc 10:22.
  • Le Saint-Esprit est parfois décrit comme se prononçant, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agisse d’une personne, d’un être à part. Il est écrit, dans 2 Pierre 1:21 : « Ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu ». Dieu Se sert de Son Esprit pour S’exprimer à travers des êtres humains, comme ce fut le cas pour Pierre avec Ananias et Saphira, dans Actes 5, qui « tentèrent l’Esprit du Seigneur » et « mentirent au Saint-Esprit ». Il est également écrit de nombreuses fois dans la Bible, « l’Écriture dit… » (Romains 9:17 ; 10:11, etc.). Songez également au fait qu’Abel, dans un sens, nous parle toujours bien que mort (Hébreux 11:4). Il y a aussi Hébreux 12:24 qui dit que le sang de l’aspersion « parle mieux que celui d’Abel ». Il s’agit évidemment de métaphores !  

L’analyse ci-dessus n’est qu’un survol de quelques points importants. Pour en savoir plus, consulter nos articles sur Dieu et sur Jésus-Christ. Nous nous contenterons de dire ici que le mot Trinité ne se trouve pas dans la Bible, et que cette doctrine n’est pas biblique non plus.

Nous vous proposons également la lecture de notre article « Le Saint-Esprit est-il une personne ? »