La fraternisation chrétienne

Près de 2,2 milliards d’individus se prétendent chrétiens ; or, des sondages révèlent que moins de la moitié d’entre eux vont à l’église régulièrement. Est-ce normal ?

Selon LeFigaro.com en 2009, 64% des Français se reconnaissaient comme catholiques, mais 4,5% d'entre eux seulement allaient à la messe chaque dimanche. Le pourcentage est certainement encore moins élevé aujourd’hui. Un rapport de Gallup publié en 2010 a révélé que 43% des Américains vont à l’église régulièrement. Au Royaume-Uni, une enquête de Tearfund a révélé que seulement 10% des adultes vont à l’Église une fois par semaine. Au Canada, en 2010, d’après un sondage du Pew Research, seulement 27% des adultes se rendent à l’Église au moins une fois par mois.

Ces chiffres étaient jadis plus élevés, et il est clair que la société occidentale actuelle attache moins d’importance à la religion que de par le passé.

Quelles que soient les tendances, le facteur le plus important, pour les chrétiens, devrait être ce que Dieu déclare. Comme nous allons le voir, la Bible révèle qu’à l’origine Dieu avait dit à Son peuple de fraterniser régulièrement lors de Ses sabbats.

Pourquoi Dieu veut-Il que Ses enfants fraternisent ? Cela est très sain, à plusieurs niveaux.

En quoi consiste la fraternisation chrétienne ?

Des récits sur les débuts de l’Église primitive révèlent que les membres s’assemblaient pour rendre à Dieu un culte. Peu après la crucifixion de Christ, les disciples de Jésus étaient assemblés lors de la Pentecôte : « Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. » (Actes 2:1). Dans l’original, il est précisé qu’ils étaient « tous d’un accord dans un même lieu » (version Ostervald). Non seulement, ils étaient ensemble, mais ils partageaient aussi les mêmes idées.

D’autres passages de l’Écriture, datant de l’époque du ministère de Paul, indiquent que les premiers chrétiens avaient coutume de s’assembler le jour du sabbat. Luc, par exemple, a écrit ceci à propos de la visite de Paul à Philippes : « Le jour du sabbat, nous nous rendîmes, hors de la porte, vers une rivière, où nous pensions que se trouvait un lieu de prière. Nous nous assîmes, et nous parlâmes aux femmes qui étaient réunies. » (Actes 16:13)

Dieu ordonna à l’ancien Israël non seulement d’observer le sabbat en s’abstenant de travailler pas, mais aussi en s’assemblant. C’est ce que révèle notamment Lévitique 23:3 : « On travaillera six jours ; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos : il y aura une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage, c’est le sabbat de l’Eternel, dans toutes vos demeures. »

Le mot hébreu traduit en français par convocationmiqra – signifie « convocation assemblée sacrée… et s’applique aux réunions religieuses le jour du sabbat et lors de certains jours saints (Exode 12:16) » (Brown-Driver-Briggs Hebrew and English Lexicon [Lexique hébreu/anglais de Brown, de Driver et de Briggs]).

L’idée de convocation est donc sous-entendue ; il est question, pour le peuple de Dieu, de s’assembler d’un même cœur et de fraterniser le jour du sabbat et lors des Jours saints.

La fraternisation chrétienne et les saintes convocations vont de pair. Il importe également que ceux qui s’assemblent soient de vrais disciples de Jésus-Christ et qu’ils suivent Son exemple.

Ce que révèle l’Épître aux Hébreux

Sans doute les propos les plus connus sur la fraternité chrétienne se trouvent-ils dans l’Épître aux Hébreux. Il est dit aux chrétiens : « Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres. N’abandonnons pas notre assemblée… » (Hébreux 10:24-25).

Pour mieux comprendre l’importance de la fraternisation, il est utile d’examiner plus en détail les éléments compris dans cette déclaration.

Le dixième chapitre de cette Épître parle d’abord du sacrifice de Jésus-Christ et note que ce sacrifice a rendu possible le pardon des péchés. Les sacrifices d’animaux, offerts par les sacrificateurs d’Israël, ne pouvaient pas vraiment pardonner les péchés ou réconcilier à Dieu. Du fait de Son sacrifice, il nous est dit, aux versets 19 à 22, que nous avons un nouveau Souverain Sacrificateur et que, grâce à Lui, nous pouvons pénétrer dans le saint des saints (nous présenter devant Dieu), étant purifiés de nos péchés.

L’auteur de l’Épître aux Hébreux écrit ensuite à propos de notre devoir collectif, en tant que chrétiens ; il nous dit comment nous devrions nous comporter et explique les avantages qu’il y a à être ensemble.

Retenons fermement la profession de notre espérance

« Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle » (Hébreux 10:23). Les chrétiens doivent s’accrocher fermement au message et à l’espérance que nous a donnés Christ. Dans le contexte, nous voyons que cette tâche est mieux accomplie quand nous travaillons ensemble.

Dans l’Épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul s’étend sur le rôle du ministère et des autres croyants pour finir cette tâche commencée par les chrétiens, en Jésus-Christ : « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ […] ainsi, nous ne serons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Éphésiens 4:11-14).

En plus d’avoir leurs besoins pris en charge par le ministère, les croyants, à l’unisson, profitent spirituellement les uns des autres :

« C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans l’amour. » (Éphésiens 4:16)

Ces dividendes spirituels décrits dans Éphésiens doivent venir des autres croyants – des chrétiens « formant un solide assemblage » dans la fraternité ! Le groupe, agissant de concert, peut être protégé contre l’égarement loin de la vérité biblique et peut croître spirituellement.

Le dixième chapitre de l’Épître aux Hébreux décrit ce que devrait être la nature de cette  fraternité.

Édifiante et encourageante

Évidemment – et cela ne devrait pas nous surprendre – la nature de nos interactions mutuelles joue un rôle-clé pour rendre cette fraternisation positive. « Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres » (Hébreux 10:24). Le simple fait de s’assembler au même moment et au même endroit ne saurait suffire à produire des résultats positifs. Une interaction positive et encourageante produit des dividendes spirituels.

L’apôtre Paul exhorta les membres de l’Église à Corinthe d’être unis et de se considérer mutuellement comme membres d’un corps sain « afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Corinthiens 12:25-27)

Paul les considérait d’abord comme le corps collectif de Christ, et ensuite comme membres individuels formant ce Corps spirituel. La fraternisation chrétienne devrait produire la cohésion et un soutien pour tous.

Dans cette même lettre aux Corinthiens, il y a un exemple montrant ce qu’il ne faut pas faire quand nous nous assemblons : « En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c’est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. Et d’abord, j’apprends que, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, — et je le crois en partie » (1 Corinthiens 11:17-18).

S’assembler ne suffit pas, en soi, à atteindre l’objectif qu’est la fraternisation chrétienne. La manière dont les chrétiens se traitent quand ils se retrouvent est cruciale. Suivre la voie tracée par Christ pour nous devrait être notre modèle dans la manière dont nous nous traitons les uns les autres : « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1:7)

Ce que sous-entend s’assembler

L’Écriture dit aux chrétiens : « N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour » (Hébreux 10:25). Dans ce verset, le mot grec traduit en français par assemblée est episunagogue, et c’est la bonne traduction. Il s’agit d’une assemblée ; d’une réunion (Vine’s Complete Expository Dictionary [Dictionnaire détaillé de Vine]).

Ce mot episunagogue est utilisé seulement une autre fois dans le Nouveau Testament – dans 2 Thessaloniciens 2:1 – « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion [episunagogue] avec lui, nous vous prions, frères… ».

Un mot qui lui est apparenté – episunago – est utilisé dans Matthieu 24:31 pour décrire le rassemblement des croyants au retour de Christ : « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, d’une extrémité des cieux à l’autre. »

Le mot grec traduit en français par rassembleront est episunago. Et en fait, quand l’auteur de l’Épître aux Hébreux se sert du mot episunagogue dans Hébreux 10:25, il exhorte les chrétiens à continuer de s’assembler et se souvenant que le retour de Christ approche !

Le commentaire biblique de  Jamieson, Fausset et Brown (Jamieson, Fausset and Brown’s Commentary on the Whole Bible) fait la remarque suivante à propos de l’usage du mot grec episunagogue dans Hébreux 10:25 : « Le fait de nous assembler ou de nous réunir pour la fraternisation chrétienne en privé et en public traduit notre hâte à vouloir nous assembler avec Lui quand Il apparaîtra » (édition révisée, p. 1429).

C’est là une raison convaincante de s’assembler et de fraterniser entre chrétiens.

La source de l’unité

Dans Psaumes 133:1, le roi David décrit ce qu’on ressent quand on est uni et qu’on a un même cœur : « Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! ». Les versions Darby et Ostervald ajoutent l’élément d’unité : « … qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » ; « qu’il est agréable que des frères demeurent unis ensemble ! » (C’est nous qui soulignons).

Dans le verset suivant, David compare cette unité à l’huile spéciale utilisée par le souverain sacrificateur, dans le tabernacle en Israël. Dans l’Ancien Testament, l’huile servait à sacrer les sacrificateurs et les rois (1 Samuel 10:1). Dans le Nouveau Testament, oindre avec de l’huile est devenu un symbole du Saint-Esprit et de la pensée divine (Actes 10:38 ; 2 Corinthiens 1:21-22).

L’unité est aussi comparée à la rosée de l’Hermon (Psaumes 133:3). L’Hermon est un pic élevé entre Israël et le Liban. C’est une source abondante d’eau pour la région. Une partie de cette eau provient de la fonte des neiges, mais la rosée du matin est la meilleure source d’eau entre la fin du printemps et l’automne. L’eau est un autre symbole du Saint-Esprit (Jean 7:37-39). Pour de plus amples informations à ce sujet, consulter nos articles « Que représente le Saint-Esprit ? » et  « En quoi consiste le baptême ? » sur le présent site. 

Le Saint-Esprit – la pensée et la puissance de Dieu – peut unifier les croyants et fournir la vraie fraternisation chrétienne. Ce qui est résumé dans 1 Jean 1:3 : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. »

Il incombe à chacun de nous d’appliquer cet Esprit dans nos vies et de rendre possible la fraternisation chrétienne. Par conséquent, « n’abandonnons pas notre assemblée […] mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. »