Pourquoi est-ce que je souffre ?

Pourquoi Dieu ne nous épargne-t-Il pas les épreuves que nous subissons ? Se peut-il qu’Il permette qu’on souffre à dessein – afin que nous apprenions quelque chose d’important ?

Nous vivons dans un monde qui fait mal. Pourquoi faut-il qu’il en soit ainsi ? Si Dieu est omnipotent et est un Père aimant, on se dit qu’Il devrait être capable de nous épargner la maladie, les accidents, les crimes, les catastrophes naturelles et n’importe quelle autre source d’angoisse et de chagrin.

La souffrance est un phénomène très personnel, et nous la subissons de bien des manières. Dans les moments de détresse intense, il semble qu’il n’y ait pas de mots adéquats pour décrire ce que nous ressentons, et que nous ne sachions quoi penser. Nous aspirons à élucider les questions urgentes que nous nous posons dans ces moments : Pourquoi ?, Pourquoi moi ?, Pourquoi maintenant ? ; Où était Dieu quand tout ceci est arrivé ?

Il est un fait que certaines personnes s’attirent les souffrances qu’elles subissent, par les choix qu’elles font. Mais il est clair que d’autres sont victimes des mauvais choix que d’autres ont faits, qui les affectent sans qu’elles puissent faire quoi que ce soit, ou qu’on subisse, sans en être responsables, les conséquences d’événements apparemment fortuits ou imprévisibles. Pourquoi Dieu ne protège-t-Il pas au moins ceux qui s’efforcent sincèrement de vivre une vie rangée et de respecter Ses lois ?

Pour élucider ces questions, il importe d’effectuer un « retour en arrière », et d’examiner notre situation dans un contexte plus général. Il faut à tout prix – même si c’est déroutant, pour commencer – que nous comprenions bien que Dieu ne nous a pas promis de nous éviter toute perte, tout casse-tête, ou tout stress dans la vie. En fait, Il reconnait qu’il nous arrivera de souffrir.

Dieu a un plan

Dieu a un plan pour chacun de nous, et pour l’humanité dans son ensemble. Il a prévu de fonder une famille, et Il veut que celle-ci vive avec Lui pour l’éternité, dans Son Royaume. Il agit de maintes façons dans la vie de Ses enfants ; Il nous prépare à occuper notre place dans ce royaume.

Il a – par exemple – par la grâce qu’Il nous a faite, offert Son Fils afin que nous soyons réconciliés à Lui (Colossiens 1:19-21) par le repentir et le pardon de nos péchés (1 Jean 1:9). Quand – en nous repentant de nos péchés, nous nous soumettons à Lui, nous faisons baptiser et Lui obéissons – Il nous accorde le don du Saint-Esprit ; Il nous accorde la connaissance, la compréhension, nous rend confiants et nous donne de l’espoir (Éphésiens 1:15-19). Il promet de subvenir à nos besoins physiques si nous donnons la priorité à Son Royaume et à Sa justice (Matthieu 6:33).

Mais Il permet aussi que nous souffrions (Actes 14:22). Cela aussi, Il l’a prévu. Non pas qu’Il fasse les choses arbitrairement ou qu’Il soit cruel, ou qu’Il prenne plaisir à nous voir souffrir, mais parce qu’un aspect de notre croissance personnelle  ne peut s’effectuer que par des difficultés et des périodes éprouvantes.

L’exemple de Jésus

Quand nous sommes en proie à des épreuves, il est utile que nous nous souvenions à quel point notre Sauveur a souffert. Jésus vécut une vie parfaite, sans jamais pécher. S’il y a quelqu’un qui ne méritait pas de connaitre l’angoisse et la douleur, c’est bien Jésus-Christ. Or, Il souffrit terriblement, tant mentalement que physiquement. La veille de Sa mort, Jésus supplia Son Père, mentalement en agonie (Luc 22:42-44), étant pleinement conscient du fardeau de responsabilité qu’Il portait, et conscient des douleurs inimaginables qu’Il allait devoir subir avant de mourir.

Antérieurement, quand Pierre – au nom de tous les disciples – s’était fait l’écho de leur prise de conscience du fait que Jésus était le Christ (le Messie), Jésus leur avait dit « qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite le troisième jour » (Luc 9:22).

Jésus savait ce qui L’attendait. Il savait qu’Il allait souffrir terriblement et allait tout compte fait être mis à mort par les dirigeants religieux.

À ce moment-là, Jésus avait clairement expliqué que ceux qui Le suivent devaient être disposés à souffrir. « Puis il dit à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera » (versets 23-24).

Toute personne devant être crucifiée devait porter sa propre croix ; Jésus dit à Ses disciples qu’ils devaient, eux aussi, être disposés à porter les fardeaux de la vie tout en Le suivant fidèlement.

Il ne fait aucun doute que Jésus a souffert, et que nous devons nous aussi souffrir. Mais pourquoi ? Que devons-nous apprendre quand nous traversons de dures épreuves ?

Qu’est-ce qui peut ressortir de positif de l’adversité ?

Il est facile de se concentrer sur la douleur, l’angoisse et la peur du moment. Mais à un niveau supérieur, quelque chose de bien plus magistral se produit.

Paul a évoqué un processus de croissance qui débute par de l’angoisse mais qui mène à une confiance absolue en Dieu : « Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance,  la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5:3-5).

Le mot grec traduit par persévérance, au verset 4, évoque la force de tenir bon face à l’adversité (Johannes Louw and Eugene Nida, Greek Language Lexicon of the New Testament, 1988 [Lexique de la langue grecque du Nouveau Testament, par Johannes Louw et Eugene Nida, 1988]). Nous ne développons ce genre de force qu’en persévérant dans les dures épreuves de la vie. Si l’endurance physique s’obtient par de l’exercice, l’endurance spirituelle, elle, se développe dans l’adversité.

Les situations difficiles engendrent et affermissent notre détermination. La manière dont nous réagissons dans les épreuves révèle de quoi nous sommes faits – nos valeurs morales, nos croyances, et la force de notre engagement à suivre fidèlement le Christ (à porter notre croix) même si la vie semble parfois insupportable.

L’endurance et le caractère ne sont guère faciles à obtenir. Ils sont forgés dans l’adversité, nous donnant la force de persévérer et de prouver notre fidélité dans la douleur. Comme le dit l’Écriture, « Si tu faiblis au jour de la détresse, ta force n’est que détresse » (Proverbes 24:10).

Paul explique, dans Romains 5:5, que lorsque nous développons notre endurance et notre caractère, nous édifions un fondement d’espérance solide – une confiance inébranlable dans l’amour de Dieu en attendant la réalisation de Ses promesses.  L’espérance est une puissante ressource issue de notre endurance et de notre force de caractère. L’espérance nous donne un solide ancrage quand nous avons l’impression de perdre pied, car nous savons que même dans les temps difficiles Dieu ne nous abandonne pas (Hébreux 13:5).

En plus de persévérer, d’avoir du caractère et d’espérer, nous développons d’autres qualités dans les moments difficiles :

La foi – notre conviction que Dieu – qui est amour, qui est omnipotent, et miséricordieux veille toujours sur nous et Se soucie toujours de nous.

La patience – notre aptitude à attendre, confiants, que Dieu prenne soin de nous dans un moment difficile.

L’empathie – notre aptitude à comprendre les autres et à être compatissants envers eux quand nous sommes dans la même situation qu’eux.

Le courage – notre volonté à vaincre nos craintes afin de continuer à suivre Dieu et à Lui faire confiance.

L’appréciation – La prise de conscience du fait – même dans nos plus dures épreuves – que Dieu nous a tant donné que nous pouvons Lui être reconnaissants et pleins d’espoir.

La perspective – notre aptitude à voir notre situation comme Dieu la voit, et à déceler le bien qui en sortira.

Chacune de ces qualités nous rend plus forts, plus stables, et plus mûrs. Chacune d’elles est un trait de caractère que Dieu veut que Ses enfants possèdent. Et toutes se développent en nous à mesure que nous affrontons des épreuves et en sortons vainqueurs.

Objectif repentir

Dieu permet que nous souffrions pour que nous nous tournions vers Lui et – ce faisant – nous engagions avec détermination à Le suivre inconditionnellement.

Il est écrit que Dieu corrige Ses enfants : « Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.

« D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice » Hébreux 12:7-11).

Il y a deux aspects au châtiment. Premièrement, Dieu châtie Ses enfants pour leur apprendre à bien se conduire, conformément à Sa loi (par l’étude de Sa Parole, la Bible).

Deuxièmement, Dieu châtie Ses enfants pour qu’ils se comportent mieux. Les parents ont la responsabilité désagréable de corriger leurs enfants pour les aider à tirer des leçons de leur mauvais comportement. Néanmoins, du fait que nous aimons nos enfants, nous devons être disposés à les aider à apprendre même les leçons difficiles.

Parallèlement, il y a des moments où Dieu permet que nous subissions les conséquences de notre désobéissance, afin d’apprendre quelque chose de nos fautes. S’Il laissait faire, nous laissant emprunter la mauvaise voie, Il ne ferait pas preuve d’amour – de l’amour d’un Père qui ne souhaite que le meilleur pour Ses enfants.

Le passage ci-dessus précise en outre que l’objet du châtiment est de nous affermir et de nous guérir spirituellement, afin que nous empruntions la bonne voie (Hébreux 12:12-13) – que nous vivions comme Il le veut.

La souffrance ne provient pas toujours du châtiment divin, mais quand nous souffrons, nous avons l’occasion d’examiner nos voies et de réfléchir sur l’obéissance en tirant des leçons des situations dans lesquelles nous nous trouvons. La Bible appelle ce processus repentir, et ce dernier est fondamental dans nos rapports avec Dieu.

Dieu essuiera toute larme

Dans Sa sagesse infinie, Dieu nous apprend de très importantes leçons qui nous affermiront pour l’avenir et nous prépareront pour le poste que nous occuperons dans Son Royaume éternel. Dans la vie présente, nous ne comprendrons jamais totalement pourquoi Dieu permet que certains événements se produisent.

Néanmoins, nous pouvons avoir la foi que nos souffrances ne sont pas arbitraires ou insensées, même quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Dieu Se soucie toujours, en premier lieu, de notre bien. Il est en train de créer en nous des traits de caractère qui ne peuvent s’acquérir que dans l’adversité. Et Il utilise aussi la souffrance pour attirer notre attention sur les changements que nous devons opérer pour être sur la bonne voie.

Certes, nous vivons dans un monde qui souffre. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Quand nous aurons appris ces leçons et que nous serons prêts pour Son Royaume, nos souffrances ne seront plus nécessaires ; elles auront atteint leur objectif et ne seront plus nécessaires. Dans sa vision du Royaume de Dieu, l’apôtre Jean a parlé d’une époque où Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21:4).