Écouter son cœur peut être problématique

Estimez-vous prendre de bonnes décisions, ou regrettez-vous souvent vos décisions par la suite ? Comment faire de meilleurs choix ?

Manon* était assise en face de moi, un paquet de mouchoirs dans la main. Elle pleurait depuis plusieurs minutes, expliquant que son mari, qu’elle avait épousé six mois plus tôt, était devenu enragé, avait cassé plusieurs portraits accrochés aux murs et avait été cabosser sa voiture avec un marteau. 
 
Sa fille ainée, qui était à la maison à ce moment-là, m’avait déjà dit que son beau-père l’effrayait.
 
Ce n’était pas la première fois que Leo* se mettait en colère. Manon m’avait d’ailleurs dit à plusieurs reprises que Leo avait un tempérament colérique. Quand elle m’expliqua, en pleurant, son désarroi et sa colère à la suite du dernier incident, je me souvins d’une conversation que nous avions eue, il y a quelques mois, après avoir rencontré Leo. Je l’avais vu s’irriter contre Manon. Je m’inquiétais de ce qu’elle voulait l’épouser, et Manon avait, elle-même, des doutes. Néanmoins, elle avait décidé d’aller de l’avant et le mariage avait eu lieu.
 

Faut-il écouter son cœur ?

Malheureusement, l’histoire de Manon n’est pas unique. Beaucoup de gens ont du mal à accepter les conséquences de leurs décisions, surtout quand elles affectent leurs relations. Prendre des décisions peut être ardu et avoir des répercussions dévastatrices.
 
Quand nous avons un choix difficile à faire, comment nous y prenons-nous ? Nous basons-nous sur nos émotions, comme le font bien des gens ?
 
Combien de fois avons-nous entendu dire : « Sur le moment, cela semblait logique ! » ou « Si vous avez l’impression que c’est la chose à faire, allez-y ! » Ces idées sont courantes dans notre culture, dans la littérature, les chansons et les films populaires. Cela me rappelle une chanson qu’on jouait il y a quelques années, et qui disait : « Écoutez votre cœur ; il n’y a rien d’autre à faire ! »
 
Est-ce vraiment le cas ? Est-ce réellement ce qu’on devrait faire, quand on a une décision à prendre ? Devons-nous nous fier à ce que nous ressentons sur le moment ?
 

Pareil au sable

Imaginez un instant que vous marchez sur une dune. Marcher ou jouer dans le sable peut être très amusant. Néanmoins, c’est un substrat qui n’est pas fiable, qui ne procure pas un fondement stable. Sans doute éviteriez-vous de construire sur du sable quelque-chose qui doit durer.
 
Les émotions ressemblent au sable. Ce que nous ressentons aujourd’hui, nous ne le ressentirons pas demain, du moins, pas avec la même intensité.
 
Quand Manon m’a avoué, pour la première fois, la vie qu’elle menait avec Leo ; elle était irritée par la manière dont il la traitait et traitait ses trois enfants. Mais la semaine suivante, quand je l’avais revue, elle était moins irritée et prenait plutôt sa défense. Ses sentiments à son égard avaient changé, et ce qu’elle avait pensé faire quand elle était en colère, la semaine précédente, avait changé ; elle éprouvait maintenant plusieurs émotions contradictoires.
 
Elle s’était convaincue qu’elle n’avait pas besoin de partir, parce qu’elle éprouvait autre chose à propos de ce qui s’était passé. Le problème, c’était que Leo était toujours aussi imprévisible et colérique.
 

Un autre guide

Il est utile de nous rappeler certains de nos propres choix. Combien de fois avons-nous été influencés par la crainte, la solitude, la colère ou des blessures mentales ? Regrettons-nous, à présent, certaines de ces décisions ?
 
Ne serait-il pas préférable que nous soyons guidés par quelque chose qui ne bouge pas comme le sable des dunes – quelque chose de solide et de stable ?
 
C’est à cela que les valeurs morales servent. Ce sont des standards, des critères, des convictions de base aptes à nous fournir un fondement solide sur lequel nous appuyer pour prendre des décisions. Si les émotions fluctuent et peuvent être déroutantes, nos valeurs, par contre, devraient être solides et inébranlables.
 
Cela ne veut pas dire que les émotions ne sont pas importantes. En fait, elles nous poussent à agir. Par exemple, notre nervosité avant un examen ou une présentation, au travail, peuvent nous pousser à mieux nous préparer. Les émotions nous aident à mieux nous connaitre et nous aident dans nos rapports avec nos semblables. Et il est un fait qu’elles influencent nos décisions.
 
Ce qui devient problématique, c’est quand nous ignorons nos valeurs pour satisfaire notre cœur. La décision de Manon d’épouser Leo, et de rester avec lui, en constitue un bon exemple. Manon parlait souvent de l’importance que ses enfants avaient dans sa vie ; ils avaient la priorité. Elle voulait qu’ils soient en sécurité et elle ne voulait pas se lier à autre homme ne les traitant pas avec amour.
 
Mais tout compte fait, ce que Leo lui faisait ressentir (quand il n’était pas en colère) était ce qui comptait le plus. Elle était lasse d’être seule. Si son choix avait été guidé par son désir d’avoir une famille en bonne santé et en sécurité et être une mère sur laquelle ses enfants puissent compter pour les protéger et prendre soin d’eux, son choix aurait peut-être été différent. Au lieu de cela, sa décision, basée sur ses émotions, allait avoir des répercussions qui allaient se faire sentir longtemps, sur elle et sur ses enfants.
 

Un fondement solide pour prendre des décisions

Malheureusement, nous vivons dans une culture qui accorde plus d’importance aux impressions et aux sentiments qu’à ce qui est juste. Au lieu de vivre par un code d’éthiques ou des critères moraux, beaucoup de gens ont adopté un relativisme moral ; ce qui, à leurs yeux, est bien ou mal, dépend des circonstances et des émotions qu’ils éprouvent, lesquelles ne cessent de changer.
 
Or, avons-nous la prérogative de décider ce qui est bien et ce qui est mal ? Existe-t-il un standard précis auquel nous devrions nous conformer ?
 
Dans Exode 20:1-17, Dieu établit Ses standards pour nous, dans les Dix Commandements. Dans Sa loi, Il nous dit quel devrait être notre système de valeurs, et dans Galates 5:22-23, l’apôtre Paul décrit les fruits, ou les résultats du respect de ces lois : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. 
 
Imaginez ce que serait votre vie si ces traits y étaient présents. Quand nous prenons des décisions guidées par les principes divins solides et immuables, notre vie est heureuse et pleine de bons fruits.
 
Dans Matthieu 7:24-27, le Christ dit à Ses disciples : « Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc.
 
« Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.  La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. »
 
La vie que nous menons est le résultat de nos décisions. Si nous ne sommes pas satisfaits de ce dont elle est faite, il est bon que nous examinions le fondement sur lequel nous nous appuyons pour faire nos choix.
 
Manon n’a pas une vie facile parce qu’elle a pris ses décisions en se basant sur ce qu’elle ressentait. Elle a fini par divorcer ; ses enfants se sont lassés de promesses non tenues.
 
Il n’est pas nécessaire que nous l’imitions. S’il est inévitable que nous prenions de mauvaises décisions, quand nous faisons nos choix en nous appuyant sur le bon fondement – la Parole de Dieu (la Bible) – et quand nous faisons confiance à notre Créateur, nous pouvons être certains de bâtir sur du solide et de pouvoir affronter les orages que la vie nous apporte. 
 
*Les prénoms ont été changés.