Quatre clés pour élever des enfants résilients

Bien que vous ne puissiez pas totalement protéger vos enfants de la douleur et des épreuves, il y a des mesures que vous pouvez prendre pour les aider à affronter leurs difficultés avec optimisme.

Il y a quelque temps, j’ai demandé à un groupe de jeunes comment s’était déroulée leur semaine. J’ai été quelque peu prise au dépourvu par leurs réponses candides : « Quelqu’un que je prenais pour un ami, à l’école, s’est mis à répandre un mensonge sur moi » ; « J’ai raté mon test d’algèbre » ; « Mon chien est mort » ; « Mes parents m’ont dit qu’ils vont mettre la maison en vente, et il va me falloir changer d’école ».

Cette brève interaction m’a incité à réfléchir. Nous autres adultes, nous pensons souvent que l’enfance est une période insouciante de la vie. Certes, la plupart de nos jeunes subissent moins de pressions et ont moins de responsabilités que leurs parents. Néanmoins, l’enfance n’est pas exempte de stress. Parfois, nos jeunes se débattent avec leurs devoirs scolaires, connaissent des problèmes familiaux, sont la proie de moqueries, se font maltraiter par des brutes, se sentent exclus, sont abandonnés par leurs amis, ne sont pas très sportifs, tombent malades ou se blessent, etc.

Dans une certaine mesure, tous les enfants connaissent des difficultés, des déceptions et des revers.

La résilience

Ce qui aide les jeunes à affronter les difficultés, c’est le même trait de caractère qui aide les adultes : la résilience. Il faut entendre par cette dernière la résistance psychique qu’on a face aux aléas de la vie. C’est la qualité de quelqu’un qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre.

D’après la psychologue Caren Baruch-Feldman, la résilience ne consiste pas seulement à rebondir ou à se remettre pleinement d’une épreuve ; cela peut aussi signifier en sortir renforcé.

« Les personnes résilientes se disent que, tout compte fait, elles ressortiront renforcées par les problèmes et les défis qu’elles affrontent, explique le Dr Baruch-Feldman, auteur du livre The Grit Guide for Teens (2017). Quand nous nous poussons et que nous apprenons de nos erreurs, nous croissons ».

Selon elle, la résilience nous aide non seulement à traverser les temps difficiles, mais elle se développe aussi dans l’adversité.

Instinctivement, en tant que parents, nous essayons parfois de protéger nos enfants contre la douleur et les difficultés. Il y a des moments où c’est nécessaire, mais nous ne devons pas le faire constamment. Les épreuves font partie de la vie, et les enfants comme les adultes ont besoin de s’y préparer.

L’apôtre Pierre a écrit : « Ne trouvez pas étrange d’être dans la fournaise de l’épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire » (1 Pierre 4:12). Nos jeunes ont besoin de développer la résilience, non seulement dans les défis présents mais aussi pour les préparer aux défis inévitables qui se dresseront quand ils seront adultes.

Certains individus ont une nature plus résiliente que leurs pairs. Néanmoins, cette aptitude peut être développée et apprise. Que vos enfants soient en maternelle ou au lycée, il n’est jamais trop tôt pour les initier dans ce domaine.

Voici quatre moyens de les aider à édifier ce trait de caractère clé :

Quand les enfants savent comment relever les défis, ils deviennent plus résilients. S’ils fautent ou si quelque chose ne se passe pas comme ils l’auraient souhaité, ils encaissent le coup sans se laisser abattre, conscients qu’on a souvent une autre occasion et étant décidés de la saisir et faire mieux.

Le meilleur moyen d’inculquer de bonnes méthodes pour résoudre les problèmes est de tirer profit des moments propices à l’apprentissage. Si votre enfant vient vous voir, contrarié par quelque chose qui s’est produit, ayez ensemble une session de remue-méninges à la recherche de solutions possibles. Demandez-lui : « À ton avis, que devrais-tu faire à ce sujet ? » ou « À ton avis, comment pourrais-tu tourner la situation à ton avantage ? »

Vous pouvez aussi partager vos idées, mais suggérez-les comme des étapes plutôt que des directives. Aidez votre enfant à peser toutes les options, à en évaluer les avantages et les inconvénients, mais laissez-le décider quelle est la meilleure façon de procéder.

« Vous devriez, certes, être toujours disponible pour guider et soutenir, mais vous devriez encourager vos enfants à trouver eux-mêmes la solution, conseille le Dr Baruch-Feldman. Cela leur montre que vous les jugez capables de résoudre leurs propres problèmes et cela les encourage à se sentir concernés ».

À mesure que les enfants s’habituent à résoudre les problèmes – y compris ceux qui sont relativement faciles à résoudre – ils seront mieux équipés pour affronter les plus gros obstacles qui se présenteront en chemin, ajoute-t-elle.

Évidemment, le genre de décisions que vous permettez à vos enfants de prendre, et la latitude que vous leur offrez, dépendent de leur âge, de leur maturité, et de la sévérité du problème.

Aucun parent ne souhaite voir ses enfants souffrir ou être découragés ; il est donc tentant de vouloir résoudre leurs problèmes à leur place. Néanmoins, à moins qu’ils affrontent quelque chose au-dessus de leurs capacités ou qui risque de leur nuire gravement, nous devrions résister à la tentation d’intervenir.

« Si vous les protégez de trop, ils vont se mettre à compter sur vous pour résoudre leurs problèmes, et ils seront incapables de se débrouiller tout seuls dans les situations où ils se trouveront », avertit Debbie Pierce, conseillère licenciée qui a son propre cabinet, dans le Texas.

Rappelez-vous qu’un jour ils devront se débrouiller seuls. C’est le moment de leur apprendre à affronter les défis. Souvent, c’est quand les enfants sont « au plus bas » qu’ils ont le plus envie de résoudre leurs problèmes.

La résilience et l’optimisme vont de pair. « Une attitude optimiste nous habilite ; cela réduit partiellement notre stress, et nous sommes plus motivés pour faire le gros du travail, car aller de l’avant requiert de gros efforts », précise le Dr Baruch-Feldman.

Nous pouvons aider nos jeunes à conserver une attitude positive en leur faisant remarquer les avantages – ce qui est bon, ce dont ils doivent être reconnaissants, les leçons qu’ils apprennent dans leurs épreuves – quand ils sont découragés, pour qu’ils ne s’attardent pas sur ce qui est négatif. Si votre jeune endure une situation difficile depuis quelque temps, félicitez-le de sa ténacité.

Une adolescente m’a confié qu’elle garde un « journal de bénédictions ». « Chaque soir, m’explique-t-elle, j’inscris trois bonnes choses qui me sont arrivées dans la journée. Et quand je n’ai pas le moral, mes parents m’encouragent à lire mon journal de bénédictions pour que je me souvienne de toutes les bonnes choses qui m’arrivent ». Cela l’aide à rester positive.

En revanche, ne minimisez pas les difficultés que traversent vos enfants. Quand ils agonisent, ce n’est pas le moment de leur dire : « Garde la tête haute ! » ou « Sois positif ! ». Ce genre de remarques risque de leur donner l’impression d’être réprimandés pour exprimer la douleur réelle qu’ils ressentent. La plupart des enfants ne sont pas prêts à retenir ce qui est positif tant qu’ils n’ont pas maitrisé leurs émotions.

Leur dire plutôt « Je remarque que c’est difficile pour toi, mais je sais que tu vas t’en sortir ! » montre que vous comprenez ce qu’ils ressentent et indique que vous les croyez capables d’affronter le problème.

« Vous voulez que vos enfants sachent que vous reconnaissez la gravité de la situation dans laquelle ils se trouvent, que cette dernière n’est pas insoluble, et que vous les jugez capables de l’affronter », déclare Mme Pierce. Cela les incite à être optimistes et cela engendre de la résilience.

Il va sans dire que notre source principale de force, c’est notre relation avec Dieu. En fin de compte, c’est Dieu qui nous aide à traverser les épreuves, qui nous fournit le courage et l’aptitude à naviguer dans les tempêtes de la vie, qui nous aide à rebondir et à croître. Mais le fait que vous en soyez conscient ne prouve pas que vos jeunes le comprennent déjà. Transmettez ces précieuses vérités à vos enfants.

Partager avec eux vos propres expériences est un moyen efficace de le faire. Après que vous ayez traversé une épreuve – qu’il s’agisse d’ennui de santé, de soucis financiers, d’un problème au travail ou des conséquences d’une faute que vous avez commise – parlez-en franchement à vos enfants. Évidemment, ce que vous leur divulguez dépend de leur âge, mais soyez disposé à parler des leçons que vous avez apprises et de l’aide que Dieu vous a apportée.

Songez à avoir une étude biblique familiale sur les moyens dont Dieu nous affermit dans l’adversité. Le livre des Psaumes est un excellent point de départ, en particulier Psaumes 18:1,2, 32 ; 27:1 ; 31:21-24 ; 37:39 ; 46:1 ; et 138:3 ; ainsi qu’Ephésiens 6:10 ; Ésaïe 40:29 ; 41:10 et Philippiens 4:13.

Il est aussi utile d’expliquer pourquoi Dieu permet que nous soyons éprouvés. Romains 5:3-4 précise que la tribulation produit un caractère juste. Aidez vos enfants à comprendre que Dieu Se sert des épreuves pour nous rendre résilients, courageux, patients, développer en nous d’autres qualités et nous apprendre à Lui faire confiance. Il est plus facile de persévérer quand on garde présent à l’esprit le dessein que Dieu accomplit dans nos vies.

Lisez les histoires de héros bibliques comme Moïse, Joseph, Gédéon, David, Ézéchias, Job et Pierre – des individus qui ont commis des fautes et ont subi de dures épreuves mais qui, grâce à Dieu, ont persévéré dans leurs souffrances et ont gardé le cap. Rappelez à vos enfants que Dieu les aidera aussi.

Quand vos enfants traversent leurs propres épreuves, apprenez-leur à prier pour obtenir la force et la résilience nécessaires, et pour que Dieu les guide et intervienne. Faites-leur aussi savoir que vous allez prier pour eux.

Christ nous a averti que nous aurions des épreuves dans la vie (Jean 16:33). Il importe que nous autres, parents, nous préparions nos enfants – par les difficultés relativement mineures qu’ils rencontrent à présent – pour les plus dures épreuves qu’ils connaitront, une fois adultes.

Rappelez-leur qu’ils ne sont pas seuls ; qu’ils ont toujours votre amour et votre soutien, et que Dieu sera avec eux contre vents et marées.