Pourquoi prier « Que ton règne vienne » ?

Pourquoi Christ nous a-t-Il dit de prier pour le Royaume ?

Michèle Torr l’a fait, ainsi qu’Andrea Bocelli, Patrice Jan, et même les Beach Boys. Ils ont tous chanté les paroles de Matthieu 6:9-13, communément appelées « le Notre Père ».

Même sans la musique, ces versets sont connus de bien des gens, mais on s’attarde rarement à réfléchir à leur signification. Et quand on le fait, on se pose parfois des questions, comme moi, au début de mon cheminement chrétien.

Ce qui m’avait frappé, c’était la déclaration que Christ avait faite avant de prononcer ces paroles connues. Il avait averti Ses disciples de ne pas se livrer à de vaines répétitions (verset 7) et leur avait dit : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (verset 8).

Si Dieu sait ce dont nous avons besoin, pourquoi le Lui demander ? Et pourquoi Lui demander que Son règne vienne (verset 10) ? N’est-il pas présomptueux de notre part de Lui dire, en somme, « Ne vois-Tu pas l’état lamentable dans lequel se trouve le monde ? Ne devrais-Tu pas Te hâter d’envoyer Christ ? »

Un investissement personnel

La réponse à mes questions m’est venue d’une source inattendue – du monde des affaires. Ces cinquante dernières années, les modèles de cadres ont évolué. Japper des ordres et s’attendre à ce que les employés poursuivent les objectifs de la compagnie n’accomplit plus grand-chose.

Les cadres essaient à présent de susciter chez leurs employés une passion pour les objectifs de leur société. Pousser les employés à s’estimer concernés par la philosophie et la perspective de leur employeur signifie que ces derniers vont faire de ces objectifs des objectifs personnels.

Songez-y. Ceux qui louent des autos ou des appartements en prennent-ils soin comme leurs propriétaires ? Hélas non, dans la plupart des cas. Il en va de même pour pratiquement tout dans la vie. Quand on a des intérêts personnels dans quelque chose, on est plus soigneux, plus prudent, et l’on travaille plus dur.

Quand on consacre du temps à prier pour le Royaume de Dieu, on se sent personnellement concerné. Et non seulement cela, mais on commence aussi à croître en tant que chrétiens.

Prier pour le Royaume

Quand j’ai commencé à prier que le Royaume de Dieu vienne, mes pensées n’étaient pas ce qu’elles auraient dû être. Je ne pensais qu’à une chose : faire partie de ce Royaume. Rien de mal à cela, bien sûr, mais cela ne suffit pas, même si c’est courant quand on en est au début de son cheminement chrétien.

Les nouveaux chrétiens sont un peu comme des bébés, ne pensant qu’à leurs besoins et à leurs craintes. Les bébés ne peuvent pas changer leurs couches, ni aller dans la cuisine se préparer de quoi manger. La seule chose qu’ils puissent faire est de pleurer ou faire savoir à leurs parents qu’ils ont besoin d’être changés, ou nourris, ou câlinés. Un bébé ne se dit pas que pleurer à 2 heures du matin empêche Papa et Maman de dormir.

Contrairement aux parents humains, Dieu ne dort pas. Il ne Se lasse pas de nos prières. Il S’attend à davantage de notre part, parce qu’Il souhaite nous donner davantage. Il veut que nous aimions nos frères et sœurs, que nous nous soucions de leurs besoins et de leurs craintes. Cela signifie que nous devons faire notre possible pour les aider, y compris prier pour leurs besoins.  Le besoin n° 1 pour l’immense majorité des êtres humains à présent est le retour de Christ pour sauver le monde de l’autodestruction et pour instaurer le Royaume de Dieu.

Soupirs et gémissements

Ézéchiel, un jeune homme de la prêtrise de Tsadok, était trop jeune pour servir dans le temple quand il fut emmené captif à Babylone. Vivant dans cette terre étrangère pendant les années des plus difficiles pour son peuple, Ézéchiel  débuta son rôle de prophète en commençant par avertir le peuple de sa destruction imminente, puis en lui donnant l’espoir d’une restauration.

Dans une vision frappante, Dieu Lui-même attira l’attention d’Ézéchiel sur les nombreuses pratiques idolâtres dans tout le pays et même dans le temple (Ézéchiel 8). Au chapitre suivant, Dieu ordonna à un ange : « Fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent » (Ézéchiel 9:4). Puis Dieu dit à six anges de parcourir le pays et de tuer quiconque n’ayant pas cette marque  (versets 5-6). Éviter ces pratiques païennes ne suffisait pas ; il fallait qu’ils soupirent et gémissent pour avoir cette marque. Il fallait qu’ils se lamentent de la douleur que le peuple de Juda et de Jérusalem s’attirait.

Nous devrions nous aussi prier que le Royaume de Dieu soit instauré, non seulement pour notre bien, mais aussi pour celui de l’humanité entière.

Quand nous voyons dans quel état est le monde, nous constatons que beaucoup de gens sont perdus et souffrent, ont peur et ont mal. Qu’ils n’osent pas espérer et ont soif  d’entendre une bonne nouvelle. Si nous estimons faire partie de ceux qui sont bénis de comprendre l’Évangile (ou « Bonne Nouvelle »), nous devrions désirer ardemment voir le Royaume de Dieu, pour l’humanité désespérée.

Mais cela non plus ne suffit pas.

Comme une poule rassemble ses poussins

Songez à l’exemple de Jésus. Il dit quelque chose de remarquable immédiatement  après avoir accusé les scribes et les pharisiens. En leur faisant sept reproches majeurs (Matthieu 23), Il S’exclama : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! » (verset 29). Et ce reproche se termine au verset 36. À partir de ce long passage, on peut supposer que Christ n’avait que du mépris, dans Son cœur, pour les scribes et les pharisiens, mais ce n’est pas le cas. Le verset 37 révèle ce qu’Il éprouvait réellement :

« Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! »

Bien que corrigeant ces responsables religieux, Jésus ne cessait pas de les aimer. Nous ne raisonnons pas comme Dieu le fait ; aussi nous arrive-t-il parfois de ne pas comprendre que Dieu a hâte de voir Son Royaume instauré. Et comprendre cela nous amène à la raison majeure pour laquelle nous devons prier pour le Royaume de Dieu – Dieu a hâte d’être au milieu de nous !

Prier « Que ton règne vienne ! » est un investissement de notre temps et de nos vies, et cet investissement transforme nos cœurs et nos pensées. Nous ne convainquons pas Dieu de quelque chose qu’Il ait à faire ; nous apprenons plutôt à voir, à espérer et à rêver à ce qui est préférable pour le monde et surtout à la volonté et au profond désir qu’a Dieu !