Une fois sauvé, l’est-on, définitivement ?

Beaucoup d’Églises protestantes, notamment celles apparentées au calvinisme, croient que les chrétiens qui ont été sauvés ont leur salut assuré. Or est-ce bien ce qu’enseigne la Bible ?

Un chrétien peut-il perdre son salut ?

Certains protestants vous répondront que non, car ils croient en une doctrine qui se résume généralement par la phrase « Une fois sauvé, définitivement sauvé ! ». Il s’agit de la croyance en la doctrine de « la sécurité éternelle » (d’après laquelle le salut éternel des chrétiens est à 100% assuré). On l’appelle aussi la doctrine de « la persévérance des saints » car les saints de Dieu sont censés persévérer.

Cette doctrine est généralement enseignée chez les traditionalistes de la Réforme, fortement influencés par la théologie de Jean Calvin.

Voici comment  l’Église Réformée du Québec décrit cette doctrine dans le préambule de sa « Confession de foi de Westminster » :

« Ceux que Dieu a acceptés en son Bien-Aimé, qu’il a efficacement appelés et sanctifiés par son Esprit, ne peuvent déchoir de l’état de grâce ni entièrement, ni définitivement; mais ils y persévéreront certainement jusqu’à la fin et seront éternellement sauvés » (chapitre 17, sec. 1, La persévérance des saints).

Ceux qui souscrivent à cette doctrine croient qu’il est impossible que quelqu’un qui a été choisi par Dieu pour être sauvé finisse par perdre son salut. Cette croyance est étroitement liée au point de vue calviniste sur la prédestination, lequel enseigne que longtemps avant d’avoir créé le monde, Dieu avait déjà sélectionné chaque individu pour le salut éternel ou la damnation éternelle en enfer. D’après cette optique, il n’y a rien qu’une personne puisse faire pour lui ravir son salut si Dieu a déjà décidé d’avance qu’elle le recevra.

Or, Jésus a-t-Il enseigné que tous ceux qui croient en Lui sont assurés d’être sauvés ?

Ce que Jésus a enseigné

Christ a-t-Il enseigné que ceux qui sont appelés par Dieu à présent ont la garantie d’une « sécurité éternelle » ?

Dans Son sermon sur la montagne, Jésus Se servit de l’analogie du sel pour avertir Ses disciples d’un danger précis : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes » (Matthieu 5:13).

Jésus a comparé Ses disciples, à ce moment-là comme à présent, à du sel ; et ceci, pour deux raisons : Premièrement, Il a expliqué que les chrétiens, métaphoriquement parlant, doivent donner de la saveur au monde par leur caractère et leur bon comportement (verset 16). Deuxièmement, Il avertit les chrétiens du danger de perdre leur saveur ; autrement dit, d’abandonner leur foi et de ne plus donner de saveur au monde. Il les avertit que si cela se produit, comme du mauvais sel, ils vont être « jeté[s] dehors, et foulé[s] aux pieds par les hommes » (verset 13). C’est là une allusion directe à un verset du prophète Malachie qui décrit le sort des méchants (Malachie 4:3).

Ultérieurement dans Son ministère, Christ nous a averti que seul « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Matthieu 24:13).

La doctrine de « la sécurité éternelle » dit aux chrétiens qu’ils peuvent être certains d’être sauvés. Or, Jésus nous a avertis que nous ne pouvons être sauvés que si nous sommes fidèles jusqu’à notre dernier souffle ou jusqu’à la fin de l’ère présente.

Le danger de s’écarter de Dieu

Examinons de plus près l’idée qu’un chrétien peut abandonner Dieu. Ceux qui s’accrochent à l’idée qu’ « une fois sauvé, on l’est définitivement » reconnaissent cependant que les chrétiens peuvent  s’écarter temporairement de Dieu et récolter temporairement les conséquences de leurs péchés, mais ils sont persuadés qu’ils ne peuvent jamais chuter et perdre leur salut.

Hélas, il y a plusieurs versets bibliques qui déclarent exactement le contraire. Paul a écrit qu’il se surveillait « de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé » (1 Corinthiens 9:27). Plusieurs des mises en garde les plus sévères se trouvent dans l’Épître aux Hébreux. L’auteur (probablement l’apôtre Paul) consacre une portion non négligeable de cette lettre à avertir les chrétiens du danger qu’il y a à s’égarer et à négliger son salut (Hébreux 2:1, 3).

Il avertit que nous pouvons demeurer dans la maison de Dieu (ou la famille divine) « pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions » (Hébreux 3:6, version Ostervald ; c’est nous qui soulignons tout du long). L’expression « pourvu que » réfute entièrement la doctrine qu’ « une fois sauvé, on le demeure ». Peu importe la durée de notre parcours chrétien, cette expression « pourvu que » nous rappelle que nous courons le risque de tourner le dos à Dieu. En fait, cette idée refait surface au verset 14 : « Nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement ».

Cette épître revient sur ce danger précis : « Frères, prenez garde que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, en se détournant du Dieu vivant » (verset 12).

Par la suite, l’auteur revient sur le danger de se détourner, de retomber dans le péché, et de refuser de se repentir : « Il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie » (Hébreux 6:4-6).

L’apôtre Pierre confirme cet avertissement quand il écrit : « Si après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première. Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de l’avoir connue et de se détourner du saint commandement qui leur avait été donné » (2 Pierre 2:20-21).

Plutôt que d’enseigner que les chrétiens ont « la sécurité éternelle », la Bible enseigne qu’en fait ils courent un plus grand danger que les non-chrétiens, du fait qu’ils connaissent Dieu, étant de ce fait plus responsables que ceux qui ne Le connaissent pas.

La bonne optique

La croyance qu’ « une fois sauvé on le demeure [ou on l’est définitivement]» n’est pas biblique et donne aux gens une fausse idée de Dieu et d’eux-mêmes. Dieu ne sauvera pas un chrétien qui L’abandonne complètement.

Les chrétiens n’ont aucune garantie qu’ils vont recevoir la vie éternelle, indépendamment de ce qu’ils font après leur conversion. Ce dont ils peuvent être certains, c’est que « celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6).

Dieu va continuer de faire Sa part. Il va continuer de nous modeler et de nous aider à Lui ressembler de plus en plus, par la puissance de Son Saint-Esprit. Mais nous devons aussi faire notre part. Les avertissements contenus dans les versets mentionnés dans le présent article devraient aider les chrétiens à développer une crainte respectueuse et saine du choix représenté par l’expression « pourvu que ».

Dieu continuera d’agir en nous et Il nous accordera la vie éternelle si nous menons le bon combat, terminons la course et gardons la foi jusqu’à notre dernier souffle (2 Timothée 4:7).

Pour de plus amples détails sur ce sujet, lire notre article Qu’est-ce que la prédestination ?