Que faut-il entendre par victime expiatoire ?

Les mots ou l’expression expiation, propitiation et victime expiatoire sont peu utilisés, de nos jours. Dans la Bible, ils décrivent le sacrifice de Christ pour nos péchés. Mais que signifie-t-ils ?

Quand les mots ou l’expression expiation, propitiation et victime expiatoire  apparaissent dans la Bible, ils sont liés au sacrifice de Christ pour nos péchés. Il est clair, d’après les Écritures, que le salaire du péché, c’est la mort (Romains 6:23). Jésus, le Fils de Dieu, a vécu sans jamais pécher, et il a – par sa mort – payé l’amende de nos péchés afin que nous puissions recevoir le don de la vie éternelle (Jean 3:16 ; Éphésiens 2:1-5).

Les mots ou l’expression mentionnés ci-dessus apparaissent dans quatre versets, dans la Bible Segond (Nouvelle Édition de Genève) et dans plusieurs autres versions comme celles de Martin et d’Ostervald. Dans chaque cas, ils expriment la grâce divine, qui a permis au sacrifice de Christ de servir d’expiation pour nos péchés, permettant qu’ils soient pardonnés.

Examinons ces quatre versets

D’après Romains 3:24-25, c’est par la grâce et la patience divines que les péchés des croyants sont pardonnés, Christ étant la « victime expiatoire », les ayant – par sa mort – expiés : Tous  « sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.

C’est lui que Dieu a destiné à être, par son sang pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience ». Cette propitiation (version Martin) – cette « action rendant Dieu propice aux humains et par conséquent procurant le rachat des fautes commises » d’après le dictionnaire Larousse.fr – ou cette expiation (Nouvelle Bible Segond) ou cette victime expiatoire (Nouvelle Édition de Genève) traduit la miséricorde divine. C’est en effet ce qu’indique l’original. Dans Hébreux 9:5, le même mot grec est traduit par propitiatoire. Le propitiatoire recouvrait l’arche de l’alliance et représentait le trône de Dieu – source de miséricorde (Hébreux 4:16 ; Exode 25:17-22).

Une légère variation du même mot grec hilasterion est aussi utilisée pour décrire le pourvoi du publicain implorant Dieu « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur » (Luc 18:13).

Bien que les mots ou l’expression propitiation, expiation et victime expiatoire ne fassent généralement pas partie de notre vocabulaire courant, ils expriment l’amour infini et la grâce de Dieu le Père et de Christ, qui ont fourni un sacrifice permettant à nos péchés d’être pardonnés pour que nous puissions recevoir le don du salut. Le mot grec hilasterion traduit des trois manières différentes mentionnées ci-dessus apparaît aussi dans Hébreux 2:17. Ce verset montre que l’expérience de Jésus en tant qu’homme l’a préparé à devenir notre souverain sacrificateur et à « faire l’expiation des péchés du peuple ». « En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ».

Dans 1 Jean 2:1-2, il est précisé que par le sacrifice d’expiation (la propitiation) de Christ, les péchés de l’humanité peuvent être couverts. « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »

Dans 1 Jean 4:10, il est précisé que Christ est devenu notre victime expiatoire non parce que nous avons aimé Dieu, mais parce qu’il nous a aimés. Vu son amour profond pour nous, il a envoyé Jésus pour qu’il devienne notre sacrifice pour le péché : « Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. »