Philémon

La Bible est-elle applicable en ce 21e siècle ? L’épître de Paul à Philémon contient des principes sur les relations humaines qui pourraient aider le monde à résoudre ses problèmes actuels.

La Bible est un bestseller. Plusieurs centaines de millions de gens la lisent régulièrement. Mais combien de ses lecteurs se rendent compte que son contenu est d’actualité et peut résoudre les problèmes qui divisent les individus et les nations modernes ?

On lit la Bible pour s’en inspirer, en quête d’encouragement, et pour y découvrir le but de notre existence. Ces raisons sont valables, mais contient-elle aussi quelque chose qui risque de nous échapper ? Contient-elle la solution aux questions les plus importantes et les plus conflictuelles du 21e siècle ? Nous dit-elle comment résoudre ensemble les désaccords religieux, sociaux, politiques, moraux et économiques qui divisent les humains, divers groupes, les divers partis politiques et les nations ?

La Bible contient un message pour l’humanité ; elle nous révèle comment nous unir. Il y a un livre, dans le Nouveau Testament, qui semble avoir été rédigé à notre intention. Il traite d’une question sociale et morale du premier siècle, qui peut nous servir de point de départ pour éliminer nos conflits.

Philémon et l’esclavage

Ce message est inséré dans la lettre que Paul adressa jadis à Philémon, et la situation dont il débattit, typique de l’époque, c’était l’esclavage. Philémon était un chrétien, et il avait un esclave. Les esclaves, faisaient partie du tissu social de tous les pays et de toutes les cultures, quand Paul rédigea cette épître. Les esclaves qui s’enfuyaient étaient traités comme des criminels et faisaient l’objet de durs traitements, quand ils n’étaient pas exécutés.

Pour nous à présent, l’esclavage est condamné comme un crime contre l’humanité, dans pratiquement le monde entier, mais cela n’a généralement pas été le cas dans l’histoire. On ne peut pas étudier cette épître sans tenir compte de son contexte historique. Les Égyptiens, les Perses, les Babyloniens, les Grecs et les Romains pratiquaient tous l’esclavage. Ce dernier était si courant que lorsque les frères de Joseph vendirent leur frère comme esclave, ils n’eurent qu’à arrêter la première caravane de marchands qui passait.

Étudions donc cette lettre remarquable de Paul à Philémon – maître d’esclave – et voyons comment Paul traita de ce sujet épineux. L’Épître de Paul à Philémon est un message divin aux êtres humains de toutes les époques, sur la manière d’éliminer tout ce qui divise les cœurs des humains.

Schéma d’ensemble du livre

Résumons. Onésime était un esclave qui avait volé son maître – Philémon – et qui s’était enfui à Rome où il avait appris ce qu’enseignait l’apôtre Paul. Il avait adopté la foi chrétienne comme Paul l’enseignait et s’y était converti. Paul renvoya Onésime à son ancien maître, muni de cette lettre, espérant que Philémon et Onésime puissent résoudre leurs différends et avoir des rapports nettement plus positifs.

Points saillants

Voici les points saillants de la manière dont Paul traite de ce sujet fort épineux dans sa lettre :

  1. Paul rappelle à Philémon qu’il est emprisonné à Rome pour avoir prêché la foi qui leur est commune (verset 1).
  2. Il remercie Philémon pour sa charité et ses services pour l’œuvre divine (versets 4-7).
  3. Paul l’appelle “frère” en ce qui concerne leur foi (verse 7).
  4. Il demande à Philémon d’accueillir Onésime, qu’il lui renvoie, précisant qu’il a totalement changé et est devenu pour lui comme un fils (versets 8-10).
  5. Paul dit qu’Onésime lui est précieux, l’aidant dans son ministère, mais il souhaite que Philémon ait dorénavant d’Onésime la même opinion (versets 11-14).
  6. Paul sous-entend que Dieu accomplit en fait sa volonté dans cette situation et lui dit qu’Onésime devrait être traité plus comme un frère en la foi que comme un esclave. Paul écrit que quoi que ce soit que fasse Philémon pour Onésime, c’est comme s’il le faisait pour Paul (versets 15-17).
  7. Ce qu’Onésime a volé à Philémon, Paul le dédommagera en espèces (versets 18-19).
  8. Paul poursuit en disant qu’il a confiance que Philémon fera ce qui est juste, et recevra son ancien esclave comme un frère en la foi (versets 20-21).

Philémon: un chef-d’œuvre de diplomatie

Cette courte lettre est un chef-d’œuvre de tact et de diplomatie. Paul y exhorte Philémon à pratiquer la foi qu’il professe et de l’appliquer en ayant une nouvelle relation avec son ancien esclave.

L’esclavage était pratiqué dans les nations et les empires du premier siècle, mais Paul affirme clairement que certaines pratiques, dans la société, n’ont aucune place dans l’Église de Dieu. En fait, c’est dans la foi chrétienne que toutes les pratiques discriminatoires du monde, dans son ensemble, sont éliminées :

  • « Dieu ne fait point de favoritisme » (Actes 10:34).
  • « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28).

Le problème de l’esclavage séparant Philémon et Onésime devait être résolu car l’un et l’autre avaient adopté les enseignements de Christ et de la Bible. Cette lettre est un modèle de résolution de conflit qui peut être imité dans tous les désaccords humains, mais il importe que – de part et d’autre – on soit disposé à pratiquer les instructions se trouvant dans les pages de la Bible.

Le chemin de la paix

Les causes des conflits humains proviennent de ce que la nature humaine est séparée de Dieu; chaque personne fait ce qui lui semble juste. Tant que les gens continueront de faire ce qui est juste à leurs yeux, il y aura toujours des frictions, de la colère, de la discrimination, de la violence et des guerres.

L’épître de Paul à Philémon nous montre que le chemin de la paix, dans tout conflit, consiste – pour tous les partis – à s’unir en pratiquant la ligne de vie développée dans les pages de ce livre remarquable qu’est la Bible.