2 Timothée: La dernière épître de Paul

Peu avant sa mort, Paul écrivit cette lettre émouvante à Timothée qui, pour lui, était comme un fils. Elle était très pertinente pour Timothée, et elle nous concerne tous.

La seconde épître de Paul à Timothée est la deuxième de deux lettres rédigées par l’apôtre à l’intention de son protégé. C’est aussi l’une des trois épîtres pastorales attribuées à Paul – les deux autres étant 1 Timothée et Tite. Nous pensons que 2 Timothée est la dernière lettre de Paul préservée dans la Bible.

L’auteur de cette épître

On pense quasi universellement, depuis le premier siècle, que Paul était l’auteur des trois épîtres pastorales que sont 1 et 2 Timothée et Tite. Cette optique a seulement commencé à être mise en doute par certains critiques modernes dans les années 1800. Citant quelques légères différences entre les textes des épîtres pastorales et les autres épîtres de Paul, ces érudits se sont mis à prétendre qu’un auteur anonyme, imitant Paul, rédigea ces lettres entre 90 et 140 de notre ère.

Néanmoins, nous croyons – comme le pensent beaucoup d’érudits conservateurs – que Paul en était bien l’auteur. Tenons effectivement compte des indices suivants :

  • Paul déclare lui-même en être l’auteur. Il débute sa lettre par ces mots : « Paul, apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu, pour annoncer la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ, à Timothée, mon enfant [ou fils] bien-aimé : que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur ! » (2 Timothée 1:1-2).
  • De légères modifications d’approches n’indiquent pas nécessairement un changement d’auteur. Le cadre et l’objet de cette lettre (et des autres épîtres pastorales) diffèrent des autres épitres de Paul, mais l’on devrait s’attendre à ce que Paul y parle de ce qui lui trottait par la tête à ce moment-là.
  • « La conclusion de beaucoup d’érudits est toujours que les arguments avancés par certains – qui nient que Paul ait été l’auteur des épîtres pastorales – ne suffisent pas à éliminer les preuves tant externes qu’internes, qui les identifient comme authentiques et comme adressées par Paul, à Timothée et Tite » (John R. W. Stott, The Message of 2 Timothy, p. 16).

La période de sa rédaction

Paul écrivit cette lettre très touchante et très personnelle à Timothée, son « fils bien-aimé » (versions Martin et Ostervald) dans la foi, entre 66 et 67. À cette époque-là, Paul était emprisonné pour la deuxième fois à Rome (2 Timothée 1:2, 8). Il semble que sa seconde et dernière incarcération ait été plus sévère que la première. Il était dans des liens, avait peu de visiteurs et sentait sa mort approcher (4:6-8).

C’était une période de troubles sous bien des aspects. En 64, Néron avait apparemment mis le feu à plusieurs quartiers de Rome et en avait blâmé les chrétiens. En 66, la guerre juive éclata. Il semble que Paul ait rédigé sa première épître à Timothée entre 63 et 65. Et comme nous le disions plus haut, sa seconde épître fut probablement écrite en 66 ou 67. Conybeare et Howson, dans leur livre The Life and Epistles of St Paul, situent la mort de Paul en mai ou juin 68.

La persécution impériale touchait ceux qui pratiquaient la ligne de vie chrétienne, et il ne fait aucun doute qu’un individu aussi connu que Paul était étroitement surveillé. Il semble qu’à l’instar des juifs envieux de Thessalonique, les responsables romains aient aussi pensé que la religion enseignée et pratiquée par Paul avait « bouleversé le monde » (Actes 17:6).

Le second emprisonnement

La première incarcération de Paul à Rome eut lieu entre 61 et 63 et elle avait été moins sévère. Il semble qu’à l’époque il ait été, en quelque sorte, en résidence surveillée et ait pu recevoir des visiteurs, avoir accès aux Écritures et ait pu enseigner (Actes 28:16, 23, 30-31). Il semble qu’il ait ensuite été libéré, se soit remis à voyager et à enseigner, car ses dernières lettres parlent de voyages qui ne sont pas mentionnés dans le livre des Actes. Mais après quelques années, et après que sa réputation se soit accrue, Paul fut de nouveau emprisonné à Rome, probablement de 66 à 68, et cette fois, il ne s’attendait pas à être libéré.

Il écrivit sa seconde lettre à Timothée, conscient du fait que sa fin approchait. Il donna des directives précises à son protégé, parlant de l’engagement chrétien et de la manière d’accomplir la tâche que Dieu a confiée à son Église. Il prophétisa en outre la situation que connaîtraient les chrétiens « dans les derniers jours ».

Paul conclut son épître en encourageant Timothée à s’empresser de venir le voir. Sa présence lui manquait et il se sentait abandonné par beaucoup. Il expliqua : « Dans ma première défense, personne ne m’a assisté, mais tous m’ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé ! C’est le Seigneur qui m’a assisté et qui m’a fortifié » (2 Timothée 4:16-17). Il put également dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée » (versets 7-8).

Schéma d’ensemble

On peut résumer comme suit la seconde épître de Paul à Timothée :

1:1-2 : Salutation personnelle.

1:3-5 : Paul remercie Timothée pour sa foi.

1:6-14 : Incitation au courage et à la fidélité.

1:15-18 : Compliments à Onésiphore.

2:1-13 : Exhortation à persévérer (comme tout bon soldat, tout athlète et tout laboureur).

2:14-26 : Exhortation à faire bon usage de la parole de Dieu.

3:1-9 : Un avertissement que des temps difficiles et l’apostasie s’annoncent.

3:10 à 4:5 : Paul encourage Timothée à prêcher la parole, en dépit de la persécution qui s’annonce.

4:6-22 : Une description des épreuves de Paul ; salutations finales.

Encouragement pour Timothée et le ministère

Au chapitre 1, Paul ne tarde pas à encourager Timothée. Au verset 7, il écrit l’un des versets les plus éloquents et les plus descriptifs de la Bible sur le Saint-Esprit. « L’Esprit que Dieu nous a donné ne nous rend pas timides ; au contraire, son Esprit nous remplit de force, d’amour et de sagesse ».

Dans ce petit verset, Paul explique que le Saint-Esprit est une source de « force » (dynamis), d’amour (agapè) et de « sagesse » (sophronimos = maîtrise de soi, sage discrétion) – des outils que Timothée devait utiliser dans son ministère. Évidemment, le Saint-Esprit agit dans tous les chrétiens fidèles – pas seulement les ministres (pasteurs) – les aidant à vivre comme Dieu le désire.

Dans les versets suivants, Paul rappelle à Timothée le plan divin et la puissance divine : Christ « a réduit la mort à l’impuissance et a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Evangile » (verset 10). Il exhorte son jeune protégé à retenir dans la foi et dans l’amour qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles qu’il a reçues de lui, Paul (versets 13-14).

Au chapitre 2 et au verset 2, Paul écrit à Timothée : « Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres ». Paul veut s’assurer de la bonne marche de l’Église et il encourage son protégé à continuer de former des responsables capables de s’accrocher fidèlement à la vérité divine. Il a déjà envoyé des directives analogues à Tite (Tite 1:5-9). Paul insiste sur le fait que les pasteurs doivent enseigner ce qu’on leur a appris. Il revient avec insistance sur cette requête dans les chapitres suivants.

2 Timothée 2 : Des applications pour nous tous

À la lecture des principes énoncés par Paul à Timothée, il est facile de se dire que cela ne s’applique qu’aux pasteurs ou aux anciens, et non aux membres. Or, bon nombre de ces principes s’appliquent à tout le monde. En fait, dans ce chapitre, Paul fait allusion à six occupations différentes auxquelles Timothée peut se mesurer. Énumérons-les brièvement :

  1. Un bon soldat endure des souffrances et risque sa vie (versets 3-4).
  2. L’athlète subit un dur entrainement pour gagner (verset 5).
  3. Le laboureur doit peiner pour recueillir des fruits (verset 6 ; voir aussi Jacques 5:7-10).
  4. Tout ouvrier, peu importe sa profession, doit travailler consciencieusement (verset 15).
  5. Au verset 24, le serviteur du Seigneur (pasteur ou ministre) doit exhiber certaines caractéristiques et certaines valeurs morales car il met en garde les membres contre les pièges du diable, qui séduit toute la terre (Apocalypse 12:9).
  6. Au verset 21, Paul s’adresse à tout le monde. Nous devons tous faire notre part et chercher à être des « vases d’honneur ». Tous ceux qui font partie du corps de Christ (l’Église) doivent s’assurer de bien servir.

Une prophétie, hélas, en cours d’accomplissement

Dans 2 Timothée 3:1-5, Paul énumère plusieurs attitudes du temps de la fin devant produire « des temps difficiles » pour tous. Le verset 5 nous met en garde de nous éloigner de ceux affichant ces traits.

Un puissant message personnel

Paul s’adresse ensuite plus spécialement à Timothée. Au verset 10, il dit « pour toi… ». D’après John R.W. Stott, « dans ce paragraphe, Paul s’adresse à deux reprises à Timothée avec les mêmes petites monosyllabes grecques su de. Elles apparaissent au début des versets 10 et 14 […] et devraient être traduites par « quant à toi… ». Face au déclin contemporain des valeurs morales, à une fausse piété et à la propagation des faux enseignements, Timothée doit être différent et, si nécessaire, agir seul » (Guard the Gospel, p. 92). Tout chrétien doit être différent du monde.

Les monosyllabes su de apparaissent aussi dans 2 Timothée 4:5 où, d’après Stott, Paul « réitère sa demande à Timothée, lui disant d’être différent, de ne pas s’appuyer sur les passions dominantes de l’époque ».

Timothée connaissait Paul depuis sa jeunesse, et Paul était pour lui un père spirituel ; par conséquent, il semble que l’expression « quant à toi » ait beaucoup touché Timothée.

Le sens de 2 Timothée 3:16-17

Bien que la nécessité d’obéir aux instructions divines soit soulignée dans toute la Bible, Paul fait aussi remarquer que cette dernière est un livre unique. Après avoir rappelé à son protégé : « Dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Timothée 3:15), Paul précise :

« Toute l’Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (versets 16-17).

Dans ce passage, Paul met en relief deux vérités essentielles : « Toute Écriture est d’inspiration divine et est profitable pour notre développement spirituel. Le mot grec pour « inspirée » est théopneustos, et il veut dire, littéralement, « insufflée par Dieu ». (Lire à cet effet notre article « La Bible est unique »)

Le chapitre 4 enrobe le tout

Paul débute ce chapitre par les mots « Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ ». Il sonne l’alarme ! 

Paul avertit ensuite Timothée qu’« il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » (versets 3-4). L’apôtre Jean fait allusion à « la vérité qui demeure en nous, et qui sera avec nous pour l’éternité » (2 Jean 1:2), mais pour que ce soit le cas pour nous, nous devons nous accrocher à ce que nous avons reçu.

Son départ approche

Paul, aux versets 6 à 8,  résume ses quelque 30 années de service à Dieu et à Christ ; il a hâte d’hériter la vie éternelle et de recevoir sa récompense quand Christ reviendra établir son Royaume. Il mentionne certains membres, comme Onésiphore, un membre de la congrégation d’Éphèse qui – loin d’avoir abandonné Paul – l’a souvent consolé ; il fait allusion à lui à deux reprises (1:16 et 4:19). Paul garde les yeux rivés sur son Sauveur, confiant qu’il le délivrera et le sauvera pour le faire entrer dans son royaume céleste.

D’après Stott, « Paul confie à Timothée une mission en quatre points, à propos de l’Évangile :

  1. Il lui confie la responsabilité de le préserver (car il a une valeur incalculable).
  2. Il lui dit d’accepter de souffrir pour lui (car c’est une pierre d’achoppement pour les orgueilleux).
  3. Il lui dit de continuer de le pratiquer (car c’est la vérité divine).
  4. Il lui dit de le proclamer (car c’est la bonne nouvelle du salut) » (Guard the Gospel, p. 126)

Paul conclut par ces mots : « Que le Seigneur soit avec ton esprit ! Que la grâce soit avec vous ! » (verset 22). Le pronom vous indique que ce message s’applique à Timothée ainsi qu’à toute l’Église. Tous peuvent tirer des leçons de cette lettre très personnelle, de l’un des plus grands serviteurs de Dieu.

Pour en savoir plus sur le message et sur les lettres de Paul, lire notre article Les épîtres de Paul, et pour en savoir plus sur les autres livres de la Bible, consulter La sainte Bible est un livre unique.