Smyrne

Qu’advint-il de l’Église de Dieu à Smyrne? Quelles leçons devons-nous tirer du message que Christ envoya à cette dernière, dans Apocalypse 2 ?

Quand Jean reçut la vision des messages adressés aux sept congrégations de l’Église de Dieu en Asie Mineure, il entendit Jésus déclarer : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier : Ecris dans un livre ce que tu vois, et envoie-le aux sept Eglises qui sont en Asie ; {savoir} à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée » (Apocalypse 1:11, version Ostervald).

L’ordre dans lequel ces sept villes – où se trouvaient des congrégations de l’Église de Dieu – sont énumérées, correspondait à un ancien itinéraire postal reliant celles-ci. Pour vous situer, notre article intitulé « Les sept Églises de l’Apocalypse » fournit des informations générales sur ces messages. Dans le présent article, nous nous concentrerons sur la ville de Smyrne, aux premier et deuxième siècles ; sur le message qui lui fut adressé, et sur l’importance des directives de Christ à cette congrégation, pour nous aujourd’hui.

À l’instar d’Éphèse, qui ne se trouvait qu’à un peu plus de 60 km, au sud, Smyrne avait beaucoup de visiteurs. Se vantant d’avoir un port excellent et l’amorce d’une route très fréquentée vers l’intérieur, Smyrne accueillait souvent bien des voyageurs. Cette grande cité commerciale, fondée par Alexandre le Grand, porte aujourd’hui le nom d’Izmir, dans la Turquie moderne, et compte approximativement 2,8 millions d’habitants.

Smyrne au premier siècle

Le sous-sol d’une agora (un marché) du deuxième ou troisième siècle, à Smyrne (photo de David Treybig).
Le sous-sol d’une agora (un marché) du deuxième ou troisième siècle, à Smyrne (photo de David Treybig).
« Du temps des Romains, Smyrne passait pour être la cité la plus brillante de l’Asie Mineure, rivalisant amplement avec Pergame et Éphèse. Ses rues étaient larges et pavées. Son système monétaire était ancien, et à présent on y retrouve encore des pièces de toutes les époques. Elle était réputée pour ses écoles de science et de médecine, et pour ses bâtiments impressionnants. Parmi eux, le Homerium, car Smyrne était l’un des lieux prétendant être l’endroit où le poète Homer était né.

« Sur le versant du mont Pagus se dressait un amphithéâtre pouvant contenir 20 000 spectateurs. En l’an 23, un temple fut érigé en l’honneur de Tibère et de sa mère Julia, et la rue Dorée, reliant les temples de Zeus et de Cybèle passe pour avoir été la plus belle, de toutes les villes de l’antiquité » (International Standard Bible Encyclopedia, 1939, “Smyrna”).

On sait peu de choses sur la congrégation de l’Église de Dieu qui se réunissait, au premier siècle, à Smyrne. En dehors de ce qui est écrit sur cette Église, dans Apocalypse 1:11 et 2:8, la Bible ne nous en dit pas plus. En revanche les historiens offrent des détails intéressants sur Polycarpe – qui fut formé par l’apôtre Jean et qui devint évêque de Smyrne au deuxième siècle, et Polycrate, un jeune contemporain de Polycarpe, qui devint évêque d’Éphèse.

L’Église de Smyrne

D’après deux historiens connus du début de notre ère – Ignace d’Antioche et Irénée – Polycarpe fut formé par l’apôtre Jean. Son lien avec l’ère apostolique est clairement établi par la différence entre les chrétiens d’Asie et ceux de Rome à propos de la célébration de la Pâque, l’une des fêtes de l’Éternel.

La pression exercée pour abandonner la Pâque

Alors que beaucoup de chrétiens, à Rome, avaient commencé à célébrer le dimanche de Pâques (ou « les Pâques », pluriel) au lieu de la [singulier] Pâque biblique, Polycarpe et les Églises d’Asie continuaient d’observer la Pâque biblique le 14 nisan, le premier mois de l’année sacrée, comme l’ordonne la Bible (Lévitique 23:5). Cela différait considérablement puisque les Pâques tombaient toujours un dimanche, alors que la Pâque peut avoir lieu n’importe quel jour de la semaine, en fonction du jour où tombe le 14 nisan dans l’année.

Apparemment, cette différence entre l’Église de Rome et les Églises d’Asie continua d’exister du vivant de Polycarpe et du pape Anicet. Par la suite, le pape Victor, à Rome, prit des mesures pour établir l’uniformité dans toutes les Églises en exigeant que les Églises d’Asie renoncent à leur pratique consistant à observer la Pâque, et se mettent à célébrer le dimanche de Pâques.

La célébration de la Pâque maintenue

Les responsables des congrégations d’Asie, sous la conduite de Polycrate, décidèrent de demeurer fidèles à la pratique qu’ils avaient reçue des apôtres, au premier siècle. Expliquant leur décision, Polycrate écrivit ce qui suit à Victor :

« Nous observons le jour exact ; n’ajoutant rien et ne retranchant rien. Car en Asie également, de grandes lumières se sont éteintes, qui ressusciteront le jour de la venue du Seigneur quand Il viendra avec gloire, du ciel, et rassemblera tous les saints. Parmi eux il y a Philippe, l’un des douze apôtres, qui s’est endormi à Hiérapolis ; et ses deux filles vierges âgées, et une autre fille qui a vécu dans le Saint-Esprit et qui maintenant repose à Éphèse ; et bien sûr Jean, qui était à la fois un témoin et un maître, qui était couché sur le sein de Jésus et qui – étant sacrificateur – portait la plaque sacerdotale ; il s’est endormi à Éphèse.

« Et Polycarpe à Smyrne, qui était évêque et martyr ; et Thraséas, évêque et martyr d’Euménie, qui s’est endormi à Smyrne. Ai-je besoin de mentionner l’évêque et martyr Sagaris qui s’est endormi à Laodicée, ou le béni Papirius, ou l’eunuque Melito qui vécut complètement dans le Saint-Esprit et qui repose à Sardes, attendant l’évêché céleste, quand il ressuscitera des morts ? Eux tous observaient la Pâque le 14e jour, d’après l’Évangile, ne s’en écartant en rien, mais suivant la règle de la foi.

« Et moi aussi, Polycrate, le moindre de vous tous, j’agis selon la tradition des membres de ma parenté, dont j’ai minutieusement suivi l’exemple de plusieurs. Car sept des membres de ma famille étaient des évêques ; et je suis le huitième. Et ma parenté a toujours observé le jour où l’on se débarrasse du levain.

« Par conséquent, frères et sœurs, moi qui ai vécu 65 ans dans le Seigneur, et qui me suis assemblé avec les frères dans le monde entier, et qui ai examiné chaque Écriture Sainte, je ne m’effraie pas de paroles terrifiantes. Car ceux qui étaient plus grands que moi ont dit “ nous devons obéir à Dieu plutôt qu’à l’homme” … je pourrais mentionner les évêques qui étaient présents, que j’ai convoqués à votre demande, et dont les noms – si je les écrivais – constitueraient une grande multitude. Et eux, contemplant votre serviteur, ont donné leur consentement à cette lettre, sachant que je n’ai pas porté mes cheveux gris en vain mais ai toujours dirigé ma vie par le Seigneur Jésus » (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, livre 5, chapitre 24 ; c’est nous qui traduisons)

Le message adressé à l’Église de Smyrne

Voici le message adressé à l’Église de Smyrne: « Ecris à l’ange de l’Eglise de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : Je connais ton affliction et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan.

« Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns d’entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort » (Apocalypse 2:8-11). 

Le sens de ce message

On note plusieurs points importants. Premièrement, Dieu connait les œuvres des membres. Et Il connait aussi les nôtres. En fait, Il connait même nos pensées (Psaumes 94:11).

Ensuite, Dieu dit aux membres de l’Église, à Smyrne, qu’Il connaissait leur affliction et leur pauvreté. Il savait aussi qu’il y avait des individus qui se prétendaient Juifs bien que ne l’étant pas ; et à leur sujet, il semble que ces individus aient été la cause de bien des afflictions pour les membres de l’Église de Smyrne.

Bien que les apôtres et les membres de l’Église de Dieu, au premier siècle, aient été en contact avec beaucoup de Juifs, nous ignorons pourquoi ces individus se faisant passer pour des Juifs, à Smyrne, furent identifiés par Christ comme ayant calomnié (ou, comme on peut le lire dans d’autres traductions, « blasphémé ») et étant une synagogue de Satan.

Au siècle suivant, par contre, on remarque ce qui semble être une continuation de cette hostilité dirigée contre les chrétiens de Smyrne. Le commentateur biblique Albert Barnes fournit le commentaire suivant : « À l’époque du martyre de Polycarpe, les Juifs de Smyrne étaient parmi les ennemis les plus acharnés des chrétiens, et parmi les plus violents réclamant la mise à mort de Polycarpe. Eusèbe (Histoire Ecclésiastique 4:15) déclare que lorsque Polycarpe fut arrêté, et mené devant le proconsul de Smyrne, les Juifs étaient les plus furieux de tous ceux réclamant sa condamnation » (Barnes’ Notes on the New Testament, Apocalypse 2:9).

William Barclay, dans sa « Bible d’étude quotidienne » ajoute que quand Polycarpe fut martyrisé, étant brûlé et poignardé le samedi 23 février de l’an 155, « les Juifs – bien que transgressant le sabbat en transportant de lourds fardeaux, furent les premiers à alimenter le feu en bois » (commentaire sur Apocalypse 2:9).

Bien qu’on considère souvent cette condamnation de la part d’individus se faisant passer pour juifs d’un point de vue littéral, estimant que ces gens-là étaient des descendants de la tribu de Juda, il y a un autre moyen d’interpréter ce point. Dans son Épître aux Romains, Paul écrit : « Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les apparences ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’Esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu » (Romains 2:28-29 ; c’est nous qui soulignons). Dans ce sens, tous les chrétiens, peu importe leur souche ethnique, sont des Juifs spirituels.

Si cette référence aux Juifs, dans le message adressé à Smyrne – « ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan » (Apocalypse 2:9) – a ce sens, il y a un rapport direct avec ce qui s’est produit dans l’histoire ecclésiastique. Des gens prétendant être chrétiens se mirent à abandonner les principes fondamentaux sur lesquels l’Église de Dieu a été fondée. (L’un de ces principes fondamentaux étant la célébration de la Pâque). Ils conservèrent le nom de « chrétiens » bien que s’écartant du christianisme qui avait été prêché par Jésus et établi par les apôtres au premier siècle.

La déclaration à propos de la « pauvreté » de l’Église de Smyrne (« bien que tu sois riche »), indique que même si les membres étaient financièrement démunis, ils étaient néanmoins riches dans leur relation avec Dieu. Paul reprend ce thème avec les membres de l’Église de Dieu à Rome quand il écrit que Dieu « est riche pour tous ceux qui l’invoquent » (Romains 10:12 ; lire également 2 Corinthiens 8:9).

En dépit des épreuves que les membres de l’Église de Smyrne allaient connaître, Christ les exhorta à demeurer fidèles jusqu’à la mort, face à la tribulation et dans la pauvreté. L’histoire montre qu’il y eut des gens comme Polycarpe qui pratiquèrent cette exhortation.

L’actualité de ce message

Concluant Son message à l’Église de Smyrne, Jésus déclara : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort » (Apocalypse 2:11). Comme pour Ses derniers mots pour l’Église d’Éphèse, Jésus, une fois encore, nous conseille de tenir compte des messages envoyés aux Églises afin de recevoir la vie éternelle.

Le conseil donné à l’Église de Smyrne s’applique aussi à nous. Nous aussi, devons demeurer fidèles en dépit des afflictions et de la pauvreté. Pour demeurer fidèles à Dieu, à l’instar du peuple de Dieu à Smyrne au début de l’ère présente, nous devons nous aussi résister à la pression exercée sur nous de rejeter « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3-4).

Au fil des années, une grande partie des pratiques de Jésus, des apôtres et de l’Église du premier siècle ont été éliminées au profit de raisonnements humains. Un exemple en ce domaine est le mépris que bien des gens ont pour les jours saints de la Bible. On se dit souvent, de nos jours, qu’il est acceptable d’adorer Dieu par des célébrations concoctées par des hommes au lieu d’observer les jours que Lui, Dieu, a ordonnés. Nous vous conseillons à cet effet la lecture de notre article intitulé « Le plan du salut : les Jours Saints révèlent le plan de Dieu ».

Une fois que vous aurez pris note de ces informations vitales, vous devrez – si vous ne le faites pas déjà – commencer à honorer Dieu en observant Ses Jours Saints. Cela marquera un changement majeur dans votre vie, mais ne vous inquiétez pas outre mesure sur la manière d’effectuer ce changement. Nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et vous aider à trouver une congrégation où vous pouvez adorer Dieu comme Il le désire.

Dieu a des plans stupéfiants pour vous, si vous vous conformez à Ses instructions. Rappelez-vous les leçons à tirer du message de Christ à Smyrne. Demeurez fidèle, quoi qu’il arrive, et ne laissez pas des détracteurs vous égarer !

Ne manquez pas de lire nos articles sur les sept Églises de l’Apocalypse.