Jésus a-t-Il confirmé qu’il faut observer chacun des Dix Commandements ?

Un chrétien doit-il observer chacun des Dix Commandements ? On se dit que si Jésus n’a pas confirmé l’un d’eux, c’est qu’on n’a plus besoin de l’appliquer. Est-ce bien le cas ?

Dans l’article précédent, nous posions la question « Les commandements de Jésus remplacent-ils les Dix Commandements ? ». Nous avons examiné la croyance selon laquelle ces derniers auraient été remplacés par le « nouveau » commandement de Jésus d’aimer son prochain. Nous avons prouvé que ce « nouveau » commandement n’abolit pas les Dix Commandements, mais nous montre – d’après l’exemple de Jésus – comment exprimer notre amour pour le prochain. L’amour a toujours été la motivation inhérente de chacun des Dix Commandements.

Il y a une autre croyance selon laquelle seuls les Commandements que Jésus a confirmés doivent être observés à présent.

Examinons de plus près cette prémisse afin de savoir si elle s’accorde avec ce que Jésus enseignait.

Jésus avait-Il besoin de confirmer chaque Commandement ?

Pensez-y. Jésus a-t-Il dit que seuls les Commandements dont Il a parlé doivent toujours être observés ? Il est facile de répondre à cette question. La réponse est « non ! » Si vous lisez les quatre évangiles, vous n’y trouverez pas la moindre déclaration en ce sens.

Jésus a-t-Il dit que tous les Commandements doivent toujours être observés ? Oui ! Peu après avoir donné ce qu’on appelle communément « les béatitudes », Jésus mentionna « la loi » et « les prophètes » et précisa s’Il était ou non venu pour les abolir tous ou en partie.

Examinons attentivement ce qu’Il a dit :

  • « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5:17).
  • Jésus a clairement dit ne pas être venu pour « abolir » la loi. Dans l’original grec, le mot traduit en français par « abolir » est le mot katalyo – mot qui a aussi le sens de « dissoudre », « démolir », « abroger » ou « priver de sa force ». Plutôt que d’abolir la loi, Il est venu l’accomplir. Le mot original grec traduit en français par « accomplir » est le mot grec pleroo – mot qui signifie précisément « accomplir » ou « remplir ». Non seulement Christ est venu pour accomplir les prophéties de l’Ancien Testament, mais Il est aussi venu pour respecter parfaitement les Dix Commandements et – ce faisant – pour leur donner plus de sens et plus de force – ce que le Messie, d’après ce qui avait été annoncé – devait justement faire (Ésaïe 42:21).
  • « Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé » (Matthieu 5:18). Jésus ajouta cette précision pour donner plus de force à ce qu’Il venait de dire. Tant que le ciel et la terre allaient exister, pas le moindre détail (le « iota » était la plus petite lettre de l’alphabet hébreu et le « trait » était, comme son nom l’indique, un petit trait utilisé dans l’hébreu écrit) n’allait disparaître de la loi divine. Cela renforce chaque détail dans les Dix Commandements.
  • « Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux » (verset 19). Jésus insistait en cela sur notre responsabilité individuelle, précisant que quiconque – en pleine connaissance de cause – enseigne la transgression de n’importe lequel des commandements divins ne sera pas dans le Royaume de Dieu (lire en effet le verset 20 et Matthieu 19:17). Le mot traduit en français par « supprimera » signifie aussi « relâchera », « détruira » ou « dissoudra ». Hélas, ce sérieux avertissement s’applique à beaucoup de prédicateurs soi-disant chrétiens qui enseignent à leurs ouailles que les Dix Commandements ont tous – ou presque tous – été abolis.

Dans ces trois versets simples, mais aussi fort révélateurs, Jésus a affirmé que les Dix Commandements – chacun d’eux – doivent toujours être appliqués sous la Nouvelle Alliance. Ils doivent être respectés tant que le ciel et la terre existent.

Ultérieurement, dans Son « sermon sur la montagne », Jésus prit l’exemple de deux Commandements précis (ceux proscrivant le meurtre et l’adultère) expliquant l’intention spirituelle ou l’esprit de ces lois (Matthieu 5:21-30). Il va sans dire que les huit autres Commandements ont aussi une profonde signification spirituelle, mais Il ne cita que ces deux-là comme exemples.

L’énumération, par Jésus, des Commandements

En dépit des déclarations claires de Jésus, bien des gens prétendent que si Jésus n’a pas cité tel ou tel autre Commandement, c’est que son observance est discutable. Or, examinons ce que Jésus déclara à un individu qu’Il identifie comme « un chef » ou « un des principaux du lieu » ou « un notable ».

Cet homme demanda à Jésus : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » (Luc 18:18). Jésus lui dit de commencer par observer les Commandements. Et Il en cita cinq – « Tu ne commettras point d’adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère » (verset 20).

Jésus n’ayant cité que cinq des Dix Commandements, cela veut-il dire qu’il n’est plus nécessaire d’observer les cinq autres ? Un tel raisonnement voudrait dire que :

  • Nous pouvons avoir d’autres dieux devant le vrai Dieu (Exode 20:3).
  • Nous sommes libres d’avoir des idoles et d’adorer ce que nous voulons (versets 4-5).
  • Nous pouvons mépriser et profaner le nom de Dieu comme il nous plait (verset 7).
  • Nous sommes libres de travailler le jour du sabbat (versets 8-11).
  • Nous sommes libres de convoiter (verset 17).

Hélas, c’est ce que certains enseignent. Toutefois, on tient généralement ce raisonnement surtout à propos de l’un des Commandements ci-dessus, à savoir celui sur le sabbat du septième jour, ou samedi.

La déclaration de Jésus dans Matthieu 5 prouve que ce raisonnement est faux. En ne citant ici que cinq des Dix Commandements, Jésus a-t-Il fait peu de cas des autres ? Aucunement !

Dans notre prochaine édition, nous examinerons de plus près cette question et vous verrez que le Nouveau Testament renforce chacun des Dix Commandements de Dieu.  

 

Encart : Pourquoi Jésus n’a-t-Il cité que ces cinq Commandements ?

Dans Sa conversation avec le riche notable, Jésus précisa que l’obéissance aux Commandements était nécessaire, et Il énuméra cinq des Dix Commandements (Luc 18:18-20). Pourquoi l’a-t-Il fait ? Notons ce qui suit :
 
Nous ignorons si cet homme était un dirigeant (il s’agissait, d’après plusieurs versions françaises, soit d’un chef, soit d’un notable, soit d’un responsable du lieu – de la synagogue – soit d’un chef juif, soit d’un des chefs du peuple), mais il est possible qu’il se soit agi d’un pharisien (responsable de la synagogue). Les pharisiens avaient promulgué leurs propres commandements, qui étaient de véritables fardeaux, et qui – dans certains cas – poussaient les gens à désobéir à Dieu. Jésus faisait peu de cas de leur loi, qu’Il qualifiait de « préceptes qui sont des commandements d’hommes » (Marc 7:6-7). En énumérant plusieurs des Commandements auxquels Il faisait allusion, Il précisait quels commandements il fallait observer pour avoir la vie éternelle : les Dix Commandements, et non les commandements fastidieux des pharisiens.
 
Pourquoi choisit-il les cinq exemples qu’Il choisit – celui sur l’adultère, celui sur le meurtre, celui sur le vol, celui sur le mensonge et celui sur le respect des parents ? (Luc 18:20)
 
L’un des problèmes majeurs avec les commandements des pharisiens était qu’ils menaient souvent à des abus et au mauvais traitement d’autrui. Par exemple, dans Matthieu 23, Jésus reprocha sévèrement aux pharisiens de placer des fardeaux inutiles sur les gens (verset 4), d’exploiter les veuves (verset 14), négligeant la justice et la miséricorde (verset 23) et d’approuver tacitement le meurtre de justes (versets 34-35). À un moment donné, Il leur reprocha aussi de se trouver une échappatoire pour ne pas prendre soin de leurs parents âgés (Marc 7:11-13).
 
Le défaut principal était de négliger de faire preuve d’amour envers leur prochain.
 
Si le chef auquel Jésus S’adressa était un pharisien, il serait logique qu’Il mentionne plusieurs des Commandements comme exemples, notamment ceux montrant comment aimer les gens (Matthieu 22:39). C’étaient là des Commandements que les pharisiens avaient besoin d’entendre. Évidemment, cela ne veut pas dire que les autres Commandements – montrant comment aimer Dieu et disant de ne pas convoiter – étaient moins importants.
 
En fait, quand l’homme en question répondit qu’il avait observé ces Commandements dès sa jeunesse, Jésus lui lança le défi de vendre tout ce qu’il possédait et de Le suivre – ce qu’apparemment l’individu n’était pas disposé à faire, et ce qui prouve qu’il n’était pas disposé à respecter les autres Commandements montrant comment aimer Dieu et ne pas convoiter.