Vieillir en beauté

On parle de « l’âge d’or ». Néanmoins, il est rare qu’on découvre beaucoup d’« or » quand on vieillit. En revanche, c’est une saison de la vie où l’on peut découvrir un certain trésor, quand on sait où chercher !

Le passage d’Ecclésiaste 12:1, dans la Bible, s’applique aussi bien à notre époque qu’à celle de Salomon, quand il a été écrit. Ce dernier – s’adressant aux jeunes – déclare : « Souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras : Je n’y prends point de plaisir ».

Évidemment, les personnes âgées doivent, elles aussi, se souvenir de leur Créateur, mais elles ont davantage de temps pour se concentrer sur cet aspect important de la vie. Quand on arrive à l’âge d’or, ses priorités changent, car on ne supporte généralement plus les fardeaux qu’on a quand on est plus jeune et qu’on doit s’occuper de sa famille et se concentrer sur sa carrière. Les enfants sont devenus adultes, et l’on se réjouit de voir ses petits-enfants. Et l’on n’a généralement pas à craindre d’être licencié quand on est à la retraite. Cette saison de nos vies a ses aspects positifs.

Des attentes réalistes

Vous surprenez-vous à consulter la colonne des décès pour voir s’il s’y trouve de vos amis ou quelqu’un que vous connaissiez ? Le poids des années affecte inexorablement nos corps. Ces derniers ne se remettent pas aussi rapidement de leurs blessures, de la maladie, ni même d’une simple tension, et nous connaissons généralement des défis au niveau santé.

Dans Ecclésiaste 12, Salomon ajoute : « Les gardiens de la maison tremblent […] les hommes forts se courbent […] celles qui moulent s’arrêtent parce qu’elles sont diminuées […] ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis […] les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s’abaisse le bruit de la meule […] l’on se lève au chant de l’oiseau […] s’affaiblissent toutes les filles du chant… » (versets 3-4). En d’autres termes, vient une époque où le corps s’affaiblit, où les dents s’effritent et où l’on a besoin d’un dentier, où l’on perd sa voix, puis son ouïe (ce qui ne veut pas dire qu’on dorme nécessairement mieux), et la vue baisse… On a de l’arthrose, on se déplace plus difficilement.

« On redoute ce qui est élevé […] on a des terreurs en chemin […] l’amandier fleurit […] la sauterelle devient pesante […] la câpre n’a plus d’effet, car l’homme s’en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues » (verset 5).

Nos corps n’ont pas été prévus pour durer indéfiniment, et nous traversons tous ces étapes qui mènent à nos vieux jours. De pair avec tous les autres changements, nos cheveux eux aussi changent ; s’ils ne blanchissent pas, ils tombent !

Tous ces facteurs, et bien d’autres, signifient qu’afin de vieillir en beauté et dignement, nous devons avoir des attentes réalistes. Nous avons besoin d’éliminer de plus en plus les gros efforts physiques, et être plus prudents quand nous conduisons de nuit, voire cesser de conduire. Et bien que nos attentes diffèrent, il n’est pas nécessaire que nos vies ne soient pas heureuses et utiles.

De vieux héros de la foi

La Bible contient beaucoup d’histoires de justes ayant continué à servir Dieu dans leur vieillesse.

Le patriarche Isaac, vers la fin de sa vie, fut inspiré par Dieu de faire quelque-chose de profondément significatif. Dans la tradition de l’époque, il chercha à prononcer une bénédiction pour son fils aîné (Genèse 27:1-2, 21-22).

La bénédiction des enfants était généralement encourageante pour la famille, et elle avait des implications légales à propos des biens familiaux. Bien qu’étant aveugle, et bien que son jeune fils l’ai trompé, Dieu fit en sorte que des bénédictions prophétiques soient accordées aux descendants de ces hommes et elles allaient affecter le monde jusqu’à notre époque.  

Bien des années plus tard, Jacob approcha lui aussi la fin de sa vie. Lui et toute sa famille déménagèrent en Égypte, un terrible famine étant survenue ; et lorsqu’il rencontra Pharaon, et qu’on lui demanda son âge, il répondit : « Les jours des années de ma vie errante sont de cent trente ans » (Genèse 47:7-9). Vu qu’il n’était pas rare, pour les gens de l’époque, de vivre 130 ans et même bien plus longtemps, on est en droit de se demander si Jacob avait l’air plus vieux et plus faible que le nombre de ses années. Lui aussi transféra des bénédictions prophétiques à ses enfants – et à ses petits-enfants, Éphraïm et Manassé. 

Le roi David, un bon roi qui avait une grande foi, régna sur Israël et sur Juda jusqu’à l’âge de 70 ans. Au fil des années, David – qui avait toujours été intelligent, vaillant et fort au combat – cessa d’être en mesure de livrer bataille (2 Samuel 21:15-17). Il confia à d’autres ces tâches et s’appliqua à diriger son royaume avec justice et grâce.

Lors de la naissance de Jésus-Christ, Anne la prophétesse était active et affairée dans le temple (Luc 2:36-38). Plusieurs commentaires bibliques estiment qu’elle avait entre 84 et 103 ans. À cet âge, de nos jours, on s’attendrait à ce qu’une personne ne travaille plus. Or, elle servait toujours de son mieux.

Le poids des années affectant nos corps et notre raisonnement, comment pouvons-nous vieillir en beauté ? L’Écriture est encourageante à ce propos : « Ils portent encore des fruits dans la vieillesse, ils sont pleins de sève et verdoyants » (Psaumes 92:14).

La vieillesse cache de l’or

Il importe de demeurer positif et de conserver le sens de l’humour quand on prend de l’âge, car Dieu a conçu nos corps pour qu’ils vieillissent. Il ne s’agit pas là d’une mesure prise par un Dieu vengeur, mais par un Dieu d’amour. Et Dieu veut que nous continuions de porter des fruits.

Notre culture actuelle n’évalue pas à sa juste valeur l’un des grands avantages qu’il y a à vivre vieux. Tant de sagesse accompagne les nombreuses expériences de toute une vie !

Comme le dit le vieil adage, il faut savoir profiter des erreurs des autres, parce que nous ne pouvons pas vivre assez longtemps pour toutes les commettre nous-mêmes ! La sagesse accompagne le nombre des années, et l’on peut en faire profiter ses enfants et ses petits-enfants, pour autant qu’ils aient la sagesse de bien vouloir écouter.

Avec toutes ces années d’expérience, découle un nouveau niveau d’apprentissage – du moins, ce devrait être le cas. Comme on le dit encore, avec l’âge, vient la sagesse. Ce n’est pas toujours le cas, mais il devrait en être ainsi. Et ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on ne peut plus apprendre.

La Bible est une mine inépuisable de sagesse, et plus nous l’étudions et la comprenons, plus nous devenons sages. Nous pouvons aussi croître en sagesse dans les domaines du mariage, de la famille, des relations, des affaires, des passe-temps, du planning et dans l’amour.

L’expérience qui vient avec nos cheveux qui deviennent « argent » vaut son pesant d’or.

Acceptez avec grâce ce qui est positif

Le grand âge devrait aussi apporter un niveau de maturité et d’attendrissement issus de l’expérience. On peut apprendre à digérer la vie et à accepter les pertes et le chagrin. Les personnes âgées ont accusé les coups et les blessures de la vie. Certaines blessures ont guéri, d’autres ont laissé des cicatrices, mais toutes ont été porteuses de leçons à partager.

Nos côtés durs peuvent s’estomper ; nous apprenons à moins nous emporter. Nos excès d’humeur s’adoucissent car nous devenons plus patients ; et l’insouciance de la jeunesse est remplacée par la sagesse des années.

Certains hommes âgés cherchent à occuper des postes de responsabilités, alors que d’autres estiment avoir suffisamment accompli dans leurs carrières. On se rend souvent compte qu’on a négligé sa femme et sa famille au fil des années, et l’on essaie de réparer les relations précieuses avec amour et avec grâce.

Quand les enfants d’une femme ont grandi et fondent leurs propres foyers, celle-ci peut avoir l’occasion de réévaluer sa vie et d’effectuer quelques ajustements. Elle peut jeter un regard nouveau sur ce que son mari fait de positif. Elle peut apprendre à se sentir dorénavant à l’aise dans ce qu’elle aime et s’accommoder de ce qu’elle n’aime pas, n’éprouvant plus le besoin de suivre les modes. Et bien sûr, jouer les grand-mères peut lui procurer un grand plaisir, pour autant qu’elle n’a plus à se soucier d’être mère.

Et puis les temps changent…

Ceux qui vivent à présent l’âge d’or n’ont pas grandi dans l’ère des ordinateurs portables, des téléphones sans fil, des iPads, des mégabytes, de Google ou des DVD. Apprendre à naviguer sur ces merveilles technologiques peut être intimidant et frustrant. Une vue qui baisse peut rendre difficile toute lecture sur écran. On l’on n’entend pas toujours bien les instructions qui sont données.

Néanmoins, les personnes d’âge mûr n’ont pas à craindre d’essayer de nouvelles technologies, et ne devraient pas se hâter de les rejeter. Une fois retraités, beaucoup de personnes âgées ont appris à se débrouiller avec les ordinateurs et ont découvert tout un univers d’informations et d’idées utiles, et divers moyens de se détendre en se branchant.

Il en est même qui ont réussi à gagner un peu d’argent de poche en effectuant des recherches généalogiques ou en retouchant numériquement de vieilles photos dans le confort de leur demeure. La satisfaction qui accompagne la découverte de nouvelles choses utiles produit souvent des dividendes supérieurs à l’argent qu’on récolte en se livrant à ce genre d’activités.

À l’approche du Royaume de Dieu

Une affiche dans une centre pour personnes âgées disait : « Vieillir, c’est pas pour les mauviettes ! » À mesure que les années s’écoulent, nous nous identifierons de plus en plus à cette déclaration. Mais le Créateur qui a conçu nos corps pour qu’ils soient affectés par le passage du temps ne nous abandonne pas à nous-mêmes pour souffrir seuls.

Par la bouche du prophète Ésaïe, Dieu déclare : « Ecoutez-moi, maison de Jacob, Et vous tous, restes de la maison d’Israël, vous que j’ai pris à ma charge dès votre origine, que j’ai portés dès votre naissance ! Jusqu’à votre vieillesse je serai le même, jusqu’à votre vieillesse je vous soutiendrai ; je l’ai fait, et je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver » (Ésaïe 46:3-4).

Vieillir en beauté comporte des défis. Avec l’âge, on se rend compte que le Royaume de Dieu et probablement proche pour nous. Dans un sens, nous sommes prêts à entrer dans l’éternité. Mais nous devons bien comprendre que notre dernier battement de cœur n’est pas une fin, mais un grand commencement. En effet, « Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. » (1 Corinthiens 2:9)

Le Dieu qui nous a créés a aussi prévu pour nous un avenir merveilleux au-delà de la certitude du vieillissement et de la fin de nos jours sur terre. Nous pouvons attendre impatiemment cette époque, tout en apprenant à naviguer, dans nos dernières années, avec grâce et dignité. Avec la foi en cette merveilleuse vérité sur le sens de la vie, nous pouvons découvrir que notre âge d’or vaut effectivement son pesant d’or !