Pensez-y : Lettre ouverte au futur président des États-Unis

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un pacte avec Dieu.

Cher président élu,

Il y a 400 ans ce mois-ci – plus précisément le 11 novembre 1620 – les 102 passagers du [voilier] Mayflower convinrent de certaines règles par lesquelles ils pourraient se gouverner. Ce groupe hétéroclite se composait de 50 hommes, 19 femmes, 33 jeunes adultes et enfants, d’occupations et de milieux divers. On pense généralement que c’étaient tous des puritains fuyant le joug de l’Église anglicane, alors que c’était seulement le cas de 40% d’entre eux.

Les intempéries qui leur firent manquer leur destination – la Virginie – présageaient de pires conflits internes. Alors qu’ils longeaient la côte du cap Cod – avant même qu’un seul d’entre eux n’ait posé le pied sur la terre ferme – les désaccords surgirent et beaucoup se mutinèrent. Les responsables des pèlerins, craignant que la zizanie ne menace leur survie, s’empressèrent de rédiger un ensemble de lois et de principes à respecter.

Ce Pacte du Mayflower – ce règlement – bien qu’assez bref, permit au dit groupe de s’accorder sur une cause commune ; il leur rappela qu’ils s’étaient embarqués dans cette aventure « à la gloire de Dieu, pour l’avancement de la foi chrétienne, en l’honneur de notre roi et de notre pays » et il les incita à « adopter, établir et encadrer à des moments fixés – au moment le plus opportun pour le bien général de la colonie – ces lois, ces arrêtés, ces constitutions et ces dirigeants justes et équitables. »

À l’époque, 41 mâles adultes le signèrent, s’engageant tous « solennellement et mutuellement, en présence de Dieu et de tous, en un corps civil politique, pour notre préservation et un ordre meilleur, et pour avancer les causes mentionnées ».

Le pacte du Mayflower préservait non seulement la fragile unité de ce groupe minuscule de colons, mais il a servi de fondement à la démocratie de cette nation.

À présent, 400 ans plus tard, en cet anniversaire commémoratif, notre nation connait de nouveau une zizanie qui menace notre survie.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de notre expérience ? La démocratie est-elle la dernière chance que nous aurons eue de nous gouverner ? L’humanité a essayé toutes les autres formes de gouvernement – le despotisme, la monarchie, la dictature, le totalitarisme, le fascisme, le communisme, le nazisme, le socialisme, la féodalité, l’anarchie, l’oligarchie, la république, etc. – sans grand succès. À présent, nous sommes bien obligés de nous demander si un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple est viable.

Monsieur le Président, à l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore qui vous êtes – la date limite d’impression battant les résultats de l’élection. Mais peu importe, car nos défis dépassent le peuple ou la politique. Vous héritez d’une maison divisée contre elle-même, vraisemblablement à cause de la manière dont nous nous gouvernons, et notre trame sociale s’effiloche rapidement.

Puis-je respectueusement vous poser cette question ? Êtes-vous à même de relever le défi, à l’instar des responsables du Mayflower, d’offrir une nouvelle proposition radicale ? Il y a, en fait, une forme de gouvernement que le monde n’a jamais essayée – ayant un ensemble différent de lois et de principes garantissant notre survie. Les pèlerins du Mayflower s’en remettaient à Dieu en termes très éloquents, mais ils poussèrent le groupe à créer un gouvernement basé sur ce qui paraît juste aux humains. Plutôt que d’approuver Dieu uniquement en paroles, que diriez-vous de Lui demander de nous gouverner et de nous soumettre à ce qui Lui semble juste ?

Monsieur le Président, vous serez bientôt l’homme le plus puissant du monde. Êtes-vous disposé à utiliser les pouvoirs que votre poste vous confèrent, comme Salomon – lequel avec une humilité sincère, supplia Dieu de le diriger et de conduire sa nation ? Dieu répondit : « Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays. »

Respectueusement, Monsieur, c’est le genre de leadership dont nous avons besoin. Nous sommes désespérés et souffrons, mais nous n’avons pas besoin d’un autre pacte comme celui du Mayflower. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un pacte avec Dieu.