Pourquoi Jésus nous a-t-il donné « un nouveau commandement » ?

Jésus a donné à ses disciples – qui gardent ses commandements – « un nouveau commandement ». En quoi était-il nouveau ? A-t-il remplacé les dix commandements ?

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres (Jean 13:34).

Qu’est ce « nouveau commandement » ?

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres (Jean 13:34). Le « commandement » d’aimer son prochain n’était pas nouveau, mais Jésus l’a amplifié en lui donnant une dimension spirituelle, pour qu’on l’observe « dans l’esprit de la loi », nous disant d’être motivés par l’amour, entre individus, ayant le genre d’amour que lui, Jésus, avait.

Le contexte du « nouveau commandement »

La veille de sa crucifixion, Christ se servit affectueusement de l’expression « Mes petits enfants » à l’intention de ses disciples, qu’il préparait pour son départ imminent.

Il était conscient du fait que sa tâche, sur terre, touchait à sa fin. Il savait pertinemment qu’il n’allait pas tarder à souffrir, à mourir, à ressusciter, puis à s’en retourner auprès du Père, au ciel. Son affection pour eux est évidente à la lecture des versets suivants dans lesquels il leur enseigne – et enseigne à son Église au fil des siècles – une leçon d’amour chrétien.

« Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j’ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant » (Jean 13:33).

Puis Jésus fait cette déclaration capitale, souvent mal comprise : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » (verset 34).

Le genre d’amour décrit dans ce nouveau commandement était crucial. Jésus s’en servit pour décrire ses vrais disciples : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (verset 35).

Qu’y avait-il de nouveau dans ce « nouveau commandement » ?

En fait, le commandement « aimez-vous les uns les autres » n’avait rien de nouveau. L’Ancien Testament avait une expression analogue dans le commandement « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C’était un vieux commandement, même au temps de Jésus. L’Éternel avait dit : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel » (Lévitique 19:18).

Dans le nouveau commandement que nous a donné Jésus, les mots clés sont « comme je vous ai aimés ». Ce qui est nouveau, c’est que nous devons nous aimer comme il nous a aimés. Une telle intensité propulse le chrétien vers une nouvelle manière d’exprimer de l’amour pour son prochain. L’amour que Christ avait – et continue d’avoir – pour ses disciples est infiniment plus intense que celui exprimé par les mots « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Quand les chrétiens font preuve d’amour les uns pour les autres, cela ne devrait pas se limiter à « aimer son prochain comme soi-même », mais aussi inclure la notion comme Christ nous aime.

Mettant en pratique son « comme je vous ai aimés », Jésus a volontairement payé l’amende de nos péchés. Comme il l’a précisé, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15:13).

Le prix inestimable qu’il a dû payer pour nos péchés est celui de ses souffrances, des tortures qu’il a subites, et de la mort horrible qu’il a connue. C’est là le genre d’amour désintéressé qu’il a pour l’humanité. Sans ce type d’amour, nous n’aurions aucun espoir et pas la moindre possibilité de vivre éternellement.

C’est le genre d’amour que Christ a pour son Église et – par ce nouveau commandement – c’est le genre d’amour qu’il requiert des chrétiens. Nous aimant avec une telle intensité, il a souffert et est mort afin que nous puissions – comme lui – ressusciter et vivre éternellement. Il a ouvert la voie pour notre salut.

Les dix commandements sont-ils toujours applicables de nos jours ?

Au sein du christianisme traditionnel, on croit généralement que – dans Jean 13:33-34 – Christ a marqué l’abrogation des dix commandements. On prétend qu’il les a remplacés par son « nouveau commandement », les dix commandements étant trop difficiles à respecter pour les chrétiens. On prétend que les chrétiens ont seulement à « s’aimer les uns les autres » (verset 34).

Le nouveau commandement de Jésus ne contredit pas et ne remplace pas les Dix Commandements ; il ne fait qu’amplifier leur dimension spirituelle et la pensée divine. Prétendre qu’il annule les dix commandements contredit des passages comme 1 Jean 5:3 où il est écrit que « l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. »

Est-ce logique ?

Croire que les dix commandements sont abolis, sous prétexte qu’un nouveau commandement a été donné, serait un peu comme prétendre qu’un pays doit se débarrasser de toutes ses anciennes lois toutes les fois qu’une nouvelle loi est promulguée. Ou déshériter tous ses enfants plus âgés sous prétexte qu’on a un nouveau-né. Ce n’est ni logique, ni nécessaire.

Pourquoi « un nouveau commandement » devrait-il remplacer les dix commandements que Dieu nous a donnés pour notre bien (Deutéronome 10:13) ? Comme nous l’avons vu plus haut, ce que ce nouveau commandement a remplacé, c’est l’idée d’aimer son prochain comme soi-même (commandement qui, incidemment, ne figurait pas dans les dix commandements). Il nous demande de nous aimer « comme Christ nous a aimés » – ce qui est un plus grand défi !

L’esprit de la loi et la loi d’amour

Le nouveau commandement de Jésus ne contredit en rien et ne remplace aucunement les dix commandements ; il les renforce et les confirme, indique l’intention spirituelle de la loi divine. Toutes les lois divines révèlent l’amour de Dieu. La loi divine – y compris les deux « grands commandements » et chacun des dix commandements – est une loi d’amour.

Quand on demanda à Jésus quel est « le plus grand commandement de la loi », Jésus répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22:37-40).

Jésus citait la loi de Moïse et il expliqua que ces commandements résumaient les autres lois. (Lire à cet effet notre article « Le plus grand commandement ».)

L’apôtre Paul expliqua lui aussi que l’amour est à la base de tous les commandements divins. En respectant non seulement la lettre de la loi, mais aussi l’esprit de la loi, nous faisons preuve de l’amour que Dieu veut que nous ayons.

« Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi » (Romains 13:8-10).

On conteste rarement la validité des commandements condamnant le meurtre, le vol et le mensonge. En revanche, bien des dénominations prétendent que les dix commandements ont été « cloués à la croix », soutenant le rejet – par le christianisme traditionnel – du Quatrième Commandement sur le respect du sabbat hebdomadaire (samedi). (Lire à cet effet notre brochure gratuite intitulée « Le sabbat – un don divin ignoré ».)

La position de Jésus sur les dix commandements

Dans le Nouveau Testament, se trouve le récit d’un jeune homme riche demandant à Jésus comment hériter la vie éternelle.

« Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus : Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? Il lui répondit : Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Matthieu 19:16-17).

Si Jésus était venu pour abolir les dix commandements et les remplacer par un nouveau commandement, le moment aurait été idéal, pour lui, de le faire. Or, ce n’est pas ce qu’il fit, ni lors des nombreuses occasions qu’il eut de le faire. En fait, il fit – et déclara – le contraire : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements ». 

Le peuple de Dieu a toujours gardé – et gardera toujours – les commandements (Apocalypse 12:17 ; 22:14) (Incidemment, la traduction exacte d’Apocalypse 22:14 est « Heureux ceux qui observent ses commandements », comme l’indiquent des versions comme Martin, Ostervald, et les versions anglaises, et non « Heureux ceux qui lavent leurs robes » !)

En plus d’observer les dix commandements, nous avons appris – depuis l’époque de Christ – qu’il faut observer « un nouveau commandement » afin de réaliser pleinement l’intention de la loi divine, à savoir que nous devons nous aimer comme Christ nous a aimés.

Nous vous conseillons à ce sujet nos articles Les commandements de Jésus ont-ils remplacé les dix commandements ? et Jésus a-t-Il confirmé qu’il faut observer chacun des dix commandements ?